[Francophone] TR: Position du collectif Indymedia Nantes sur le projet de syndication
karacole
karacole at riseup.net
Ven 18 Jan 04:29:02 PST 2008
Bonjour.
Je transmets la réponse de lacandon du 69.3 suite au mail que nous avions
envoyé a propos de la syndication.
Karacole.
-----Message d'origine-----
De : le69-3.org at no-log.org [mailto:le69-3.org at no-log.org]
Envoyé : jeudi 17 janvier 2008 14:33
À : karacole
Objet : Re: Position du collectif Indymedia Nantes sur le projet de
syndication
> Bonjour, excusez nous du temps que nous mettons à réagir, je me permet
de répondre personnellement et très rapidement sur quelques points qui
me semblent important, donc c'est une réponse très brève, et un
positionnement personnel, qui n'engage pas l'ensemble du 69.3, et qui
sera suivi je l'espère bientot d'un texte qui expliquera bientot la
position de notre collectif par rapport aux questions soulevées ici.
Par rapport à la question permanence/non-permanence, je suis d'accord avec
vous, je serai pour un portail permanent. Mais je ne comprend pas pourquoi
vous dites que la permanence impliquerait une "forme de sélection"?.
Sinon, au niveau des contenus qui seraient mis en avant sur le portail, il
me semble que dans un premier temps ce serait une bonne solution que de
faire en sorte que cela se fasse comme vous dites de manière automatique,
après ça ne me parait pas etre l'idéal, je pense qu'il faudrait tendre
vers une gestion de ce portail par l'ensemble des collectif impliqués, ce
qui implique au préalable de mettre en place des outils pour que la
communication et les prises de décision puissent se faire d'une manière
totalement démocratiques. Je pense donc qu'il faudrait tendre vers ce que
j'appelerai une "gestion humaine" (et non automatique) de ce portail. Pour
moi il ne s'agit pas de "mettre quelque chose au dessus des collectifs
locaux", mais de l'inverse, il s'agit de soumettre ce portail aux
collectifs locaux.
Voila, ceci est une ébauche de réflexion qui n'a rien d'aboutie. Nous
essaierons d'y réflechir collectivement bientot, n'hésitez pas déja à me
faire part de vos réactions vis à vis de ma réflexion. Mais sachez qu'on
soutient cette initiative. J'ai remarqué aussi que Rebellyon a une page
qui s'appelle "sedna" qui à un peu la fonction que ce projet de portail,
si vous avez plus d'infos la dessus..Merci aussi de nous associer à vos
discussions sur ce sujet. A bientot,
lacandon du 69.3
Position du collectif Indymedia Nantes sur le projet de syndication
>
> Mercredi 12 décembre 2007
>
>
>
> Ce texte est issu d'une réunion du collectif faisant suite à la réunion
> IRC qui manifestement n'a pas pu aboutir à quelque chose de positif quant
> à la dynamique et à l'avancée du projet de portail de syndication. Il nous
> a semblé utile d'essayer d'y voir plus clair en essayant de préciser les
> positions du collectif tant sur le projet global que sur les
> interrogations et remarques émises notamment par le collectif de Toulouse.
>
>
>
> En préliminaire : retour sur le débat sur IRC :
>
>
>
> A l'évidence, les échanges mails et ceux lors de la réunion IRC ne sont
> pas satisfaisants pour l'instant. Ça nous servira de leçon : l'IRC est
> catastrophique pour débattre. C'était donc une mauvaise idée car la
> discussion n'a pu se faire pas tant sur le fond que sur les points
> politiques soulevés par Toulouse. Elle a pris une forme de discussion de
> "ping pong" pas agréable du tout. Et ceci d'autant plus qu'il n'y avait
> qu'une seule personne de Toulouse, ce qui a crée une situation où elle
> s'est retrouvée un peu seule face aux autres participant-e-s à la réu IRC.
> Cela a du être très difficile à vivre pour elle et on s'excuse tout
> platement auprès d'elle si on a pu participer au fait d'arriver et de
> provoquer cette situation d'opposition un peu raide qu'on ne souhaitait en
> rien.
>
>
>
> Position globale du collectif de Nantes sur la situation actuelle :
>
> Le collectif de Toulouse pose des questions politiques pertinentes
> auxquelles on ne peut pas ne pas répondre au risque de se satisfaire d'un
> "chaque collectif est autonome et participe s'il le souhaite" qui ne
> résoudrait rien de ces questions de fond.
>
>
>
> Pour Indy Nantes, des rencontres internes aux Indy sont nécessaires, la
> question de discuter en interne de la cohérence de la participation a ce
> projet se pose, sans doute avant de refaire une réunion "ouverte", ainsi
> que Toulouse le souligne.
>
>
>
> Cependant, lors de la dernière réunion francophone, il a bien été précisé
> que les choses étaient distinctes, et qu'il était important de les
> séparer. Il n'est pas question que les réunions francophones soient
> systématiquement ouvertes. Peut-être faut-il d'ores et déjà prévoir un
> week-end francophone et un week-end site de syndication par la suite.
>
>
>
> En définitive la réunion de Nantes avait plutôt conclu au souhait d'une
> logique d'expérimentation en se rendant bien compte au cours des réunions
> que ce n'était pas clair (ce n'est pas facile d'imaginer un site
> virtuellement), qu'on avait du mal à réfléchir de façon aussi abstraite.
> Pour mieux être sur les mêmes bases de réflexion, il était important
> d'expérimenter pour mieux cerner les intérêts et les limites du projet. Il
> avait donc été abordé le fait de commencer à travailler un peu
> concrètement histoire que les discussions soient moins sur de l'abstrait.
>
>
>
> Positions plus développées du collectif de Nantes sur différents points :
>
>
>
> ? Sur la permanence ou non du site
>
>
>
> ? La réunion francophone de Toulouse n'avait rien décidé là-dessus. Il
> n'y avait pas de consensus sur cette question, chaque collectif devait en
> recauser en interne. Sur le moment, le collectif de Nantes s'était
> positionné-e-s pour une non-permanence, mais finalement, une meilleure
> vision du projet lors de la réunion francophone à Nantes nous a fait
> changer d'avis :
>
>
>
> ? La non-permanence induit de fait une forme de sélection : seuls
> quelques évènements seraient dignes de focus... Ce serait d'une part aller
> contre l'open publishing mais surtout ça risquerait de travailler à une
> invisibilisation de luttes plus quotidiennes ou moins médiatiques, ce qui
> n'est pas sans causer un certains nombre de problèmes. Cela pourrait
> laisser croire qu'il n'y a, par exemple, que des luttes étudiantes en
> France.
>
>
>
> ? La non-permanence du site induit une somme d'énergie supplémentaire
> à investir à chaque fois que le portail est remis en route et par
> conséquent plus de technique et donc plus fatiguant, même si ce ne serait
> pas non plus hyper compliqué.
>
>
>
> ? Un portail activé tous les 9 mois tombera dans l'oubli et personne
> n'ira le voir, avec un risque de "coup de pub" quand il y aura de la
> nouveauté.
>
>
>
> ? Le portail devait de toute façon être à peu près sous une forme
> définitive puisqu'il devait servir d'espace d'archivage de luttes passées
> : conserver accessible en permanence l'ensemble des liens vers les
> articles locaux des collectifs locaux sur un évènement. Il ne s'agit donc
> en définitive que d'ajouter des flux RSS contrôlés par les collectifs
> locaux. Par contre, il est vrai que le mode de sélection de ce qu'est un
> "évènement national" sur lequel on mettrait l'accent en colonne centrale
> peut questionner. Il peut ne représenter que l'addition des colonnes
> centrales que nous faisons tou-te-s. La colonne centrale du portail serait
> d'ailleurs plus équitable et à jour en terme d'information que les
> sélections que nous faisons pour les journaux même si nous sommes
> conscient-e-s qu?il ne s?agit pas exactement des mêmes choses.
>
>
>
>
>
> ? La consommation d'information :
>
>
>
> ? Nous sommes intéressés par le débat ouvert par Toulouse sur la
> dimension consumériste de l'info. Seulement, nous ne voyons pas en quoi la
> forme non-permanente garantirait une moindre attitude consumériste (ou
> l'inverse). Le fait que ce soit permanent ne fait que visibiliser un
> comportement qui existe déjà parmi les utilisateur-ice-s de nos sites.
> C'est un point intéressant à débattre et à développer, mais qui ne nous
> semble pas particulier à ce portail, plutôt commun à nos médias. La limite
> entre site d'information et site où l'on consomme de l'info est ténue. Ce
> sont souvent les internautes qui par leurs pratiques déterminent leurs
> manières de faire.
>
> Peut-être peut-on rajouter qu?être à la recherche d'information sur une
> lutte sans y participer n'induit pas nécessairement une posture
> consumériste. C'est aussi une manière d'essayer de percevoir un monde
> différent de celui que nous construisent les média mainstream, un monde où
> la lutte existe, où des gens inventent de nouvelles formes de lutte, se
> rejoignent sur des luttes ; c?est aussi une manière de trouver une
> information sur des luttes qui nous parlent, qui nous font espérer et nous
> donne envie, peut-être trop lentement, de "s'y mettre". De ce point de
> vue, la permanence du site de syndication permet une navigation sur
> différents sites (pas que des sites indy) qui tentent de ne pas être trop
> consuméristes, sauf à considérer les sites indymédia comme de l?incitation
> à la consommation d'information (ce qui peut se concevoir....)
>
>
>
> ? Le portail n'est pas un site interactif. Il n'est fait que de liens
> vers des sites locaux qui, eux, sont interactifs (ou qu'on essaye de
> rendre interactifs)
>
>
>
> ? Les personnes qui le visiteront seront probablement pour la plupart
> déjà utilisateur-ice-s (consommateur-ice-s ?) de nos sites. Les autres, et
> tant mieux s'il y en a ;-), finiront par arriver sur nos sites locaux
> (puisque le portail n?induit que la présence de liens) et seront alors
> confronté-e-s aux pratiques de nos sites.
>
>
>
> ? Un texte commun est prévu pour présenter le site et sera en chapeau
> sur la page d'accueil afin d'expliquer ce qu'est exactement le portail.
> Lors de la dernière réunion francophone, on a vraiment senti l'importance
> de ce texte. Il risque de prendre du temps à bien formuler : bon endroit
> pour y rajouter des trucs sur les risques et le débat d'une posture
> consumériste de l'information. Il y aura aussi une page ou chaque
> collectif participant se décrira.
>
>
>
> ? Sur l'entrisme:
>
>
>
> ? Ce n?est théoriquement pas possible si le fonctionnement est
> réfléchi de façon à l'éviter. La question doit effectivement être posée en
> permanence, pas que par Toulouse, et il est important d'y apporter des
> réponses. En l'état, vu que le site de syndication est en fait un portail
> constitué de liens renvoyant sur les sites locaux, il n'y a pas de
> structures "au-dessus" des collectifs locaux donc pas de risque d'un
> entrisme de cette manière.
>
>
>
> ? Puisque chaque collectif est autonome et gère son site, l'entrisme
> est très difficilement possible car il faudrait noyauter pleins de
> collectifs quasiment en même temps pour que cela ait un effet global.
>
>
>
> ? Le risque est possible uniquement si un collectif (autre que
> purement technique) se forme pour s'occuper du portail. Pour l'éviter, la
> mise en place de la colonne centrale du portail (évoqué plus haut) sur un
> événement doit être, il nous semble, automatique : agrégation de flux
> particulier à l'événement mis en place par les collectifs locaux
> intéressés à y participer. Pas de sélection ou de rédaction dans la
> colonne centrale. Position ferme d'Indymédia Nantes là-dessus.
>
>
>
> ? La question peut aussi effectivement se poser sur la manière de
> "choisir" les collectifs qui feront partie du projet, mais on a opté pour
> un consensus là aussi donc il faut que tout le monde convienne à tout le
> monde.
>
>
>
> ? Il est peut-être aussi important de garder en mémoire que nous
> sommes libres et indépendant-e-s et que nous pouvons nous éloigner du
> projet sitôt qu'il poserait problème avec le fonctionnement collectif des
> IMC.
>
>
>
> ? Sur la transparence:
>
> ? le texte d'introduction au portail doit être très clair quant au but
> du portail et la gestion devra se faire de manière automatique pour les
> flux rss, accompagnée de manière transparente par le biais d'une liste de
> discussion publique.
>
>
>
> ? Cohérence du réseau / nécessité de consensus
>
>
>
> ? La cohérence du réseau francophone est un peu mythique. Certes, nous
> sommes proches et surtout nous avons tou-te-s accepté les POU comme base.
> Mais force est de constater que nos pratiques sont différentes d'un
> collectif à l'autre. Ton, tolérance, modération, nous n'avons pas tou-te-s
> les mêmes limites déjà en interne d'un collectif, donc a fortiori sur un
> réseau de collectifs. La dynamique qui s'est crée à Toulouse et à Nantes
> autour de ce site de syndication s'est faite sur une logique d'envie, de
> confiance, de plaisir à faire des choses ensemble, ce qui nous a permis
> d'arriver à avancer. Une autre manière de dire les choses, lors des
> discussions de Nantes, c'est qu'il faudra régler les problèmes quand ils
> se poseront même s?il est important d?être conscient-e-s qu?il y en aura
> certains.
>
>
>
> D'une manière plus générale, il nous apparaît, répétons-le, plus
> intéressant de chercher à construire une dynamique d'expérimentation que
> d'une recherche de cohérence unifiée aux différents collectifs
> participants au site de syndication, logique qui amène souvent assez
> rapidement aux blocages des dynamiques collectives. Cependant nous
> trouverions vraiment dommage de ne pas avoir un collectif ou un autre dans
> l'aventure parce que nous n'aurions pas été capables de dialoguer .
>
>
>
> Enfin, il nous semble important de rappeler que même si l'entente entre
> les collectifs indy est primordiale autour de ce projet pour qu'il puisse
> se faire de manière sereine, il ne faut pas oublier que le but du site de
> syndication n'est pas de mettre en place un "meta indy francophone" mais
> un portail inter-collectifs et que ce ne sera possible que si les rapports
> sont équilibrés et que l'on accepte, sur une base commune large, des
> différences de positionnements et de fonctionnements.
>
> C'est pour cela que nous souhaitons continuer à travailler avec Rebelyon,
> le 69.3 et bien d'autres encore sur ce projet.
>
>
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>
>
> Le collectif Indymedia Nantes, le 12 décembre 2007.
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