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Zoul zoul at no-log.org
Wed Oct 25 09:05:42 UTC 2006


Hello to all,

Sorry, I really can't translate this to english.
Just to say that i'm on the road again.. in africa.. Niger and Bénin, to
participate to various social forum.
The niger social forum has just been forbiden by the niger governement.
We don't know yet what will be happen, but social activists want to do it
despite of this..

My "carnets de roots politiques" are disponible on subscription here..
http://www.zoulstory.com/cgi-bin/mailman/listinfo/zoulstory

You can also read it on http://www.zoulstory.com

See you then...

Zoul
====


Bonjour  à tous,

Je me permets de vous faire parvenir ce petit "carnet de routes
politiques" qui veut donner un écho aux luttes et résistances
africaines...
Une newsletter existe et il est facile de s'y inscrire à l'adresse suivante :

http://www.zoulstory.com/cgi-bin/mailman/listinfo/zoulstory

Par ailleurs, pour une lecture plus jolie, agrémentée de photos, rendez
vous sur le site à l'adresse suivante :
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Les mises à jour y sont plus fréquentes que par mail...

Bonne visite...

Zoul
--

En route pour le Forum Social Nigérien, la caravane des alternatives
sociales, et le Forum Social du Bénin...

    On the road again... Certes, mais quelque chose a changé. Je ne prends
plus la route pour le plaisir de prendre la route. De plus en plus
souvent, ce sont des événements et des rencontres qui me poussent à
partir. Cette fois-ci, après 6 mois à travailler en France dans une
association de lutte contre le sida, c'est le désir de connaître de
nouveaux pays qui m'a remis sur la route. Au cours de mon voyage au
Canada, pour assister à la conférence mondiale sur le sida à Toronto,
je rencontrais le camarade Moussa Tchangari, dont le nom était déjà
familier à mes oreilles, mais que je voyais alors pour la première
fois, lors des journées Alternatives, organisées dans la campagne
québéquoise à quelques centaines de kilomètres de Montréal... Moussa
Tchangari, un des leaders d'un mouvement social nigérien puissant,
qui, malgrè le contexte de misère (le Niger est régulièrement classé
dernier au classement de l'indice de développement humain calculé par
le PNUD), arrive à faire sortir des centaines de milliers de personnes
dans la rue, pour s'opposer aux mesures assassines du Fonds Monétaire
Internationale et de la Banque Mondiale.

Comment dans un tel contexte mobiliser les populations, informer,
sensibiliser et passer à l'action? Tandis que ce débat commençait à voir
ses limites du côté du Mali, où malgré les efforts de certaines
organisations, la lutte avait trop tendance à demeurer la chasse gardée de
quelques intellectuel(le)s, j'avais envie d'aller me confronter aux
acteurs de ces mobilisations, à commencer par le Groupe Alternative et le
Réseau du Niger contre la Dette et pour le Développement, qui organisaient
coup sur coup le deuxième Forum Social Nigérien, ainsi qu'une caravane des
alternatives sociales qui parcourerait le Niger de Niamey à Agadez...
Ma rencontre avec le Niger, je la dois d'abord au Che africain, Souleymane
« Che » Cissé, ce jeune leader des mouvements estudiantins, que j'avais pu
découvrir en 2004 au Mali, lors du 3ème Forum des Peuples de Kita, une de
mes premières rencontres « altermondialistes » sur le sol africain...
J'avais appris son décès des suites d'une grave maladie l'an dernier, et
bien qu'absent, je sens encore sa flamme communicative briller dans le
regard de ses camarades.

Quitté le boulot, quitté la France et son haleine raciste, quitté les
militants de Cachan, quitté les résistances africaines à Paris, pour un
petit séjour en terre africaine, pour apprendre toujours plus, et
comprendre les mécanismes qui font aujourd'hui le changement social en
Afrique.

Retrouvailles fortuites. Arrivé après minuit à l'aéroport, Moussa m'a
oublié. Il a 1000 choses à régler et à penser et je ne lui en veux pas. Un
coup de fil et il rapplique. Nous passons devant le siège d'Alternative,
qui est calme à cette heure tardive. Il me dépose ensuite non loin de là,
à l'auberge Tatayi, où je vais passer ma première nuit dans un dortoir
collectif, mais seul en cette période peu touristique dans ce pays bien
peu touristique...
Au petit matin, je retrouve la rue africaine, sa poussière, son trafic, et
son goudron parsemé de trous.
Les vendeurs de fruits sur le bas-côté n'ont pas changé de place. Les
dêchets aussi sont toujours là et encombrent les quelques canalisations
qui bordent les routes...

Je marche le long de la route pour rejoindre la radio, et suite à de
mauvaises indications, je me retrouve face à un gardien qui m'explique que
je ne suis pas au bon endroit. La maison qui fait face laisse apparaître
une pancarte qui dit : RJDH- Niger. C'est le siège du réseau des
journalistes pour les droits de l'homme. Je rentre voir ce qui s'y passe.
A l'accueil, on me dit que seul le président est là, et l'on me conduit à
son bureau. Je commence donc à m'entretenir avec Abdouramane Ousmane, son
visage m'est familier, on a dû déjà se croiser lors d'un forum au Mali
sans doute, mais je n'en suis pas sûr. Nous parlons de Survie, de
François-Xavier Verschave, du CADTM et surtout de la situation des
journalistes au Niger dont la situation est difficile : trois confrères
sont emprisonnés actuellement par le régime en place qui vit une période
particulièrement critique, suite à la découverte de nombreux cas de
corruption au plus haut niveau, et à un blocage des institutions
internationales qui ne souhaitent pas financer de nouveaux programmes tant
que l'argent détourné n'est pas restitué.
Nous finissons par échanger les contacts, et il se propose de
m'accompagner au siège d'Alternative, où lui même prévoyait de se rendre.
Je m'étonne des ses deux adresses emails à Netcourrier et Caramail, deux
boites particulièrement mal adaptées à l'Afrique, puisque bondées de
publicité et d'images lourdes à charger, rendant la consultation des
courriers pénibles et fastidieuses. Il me répond qu'il utilise aussi une
boite « cooperation.net » et ajoute : je crois d'ailleurs que c'est toi
qui me l'a ouverte au Forum Social Mondial de Porto Alegre. Et
effectivement, c'est bien là que nous nous étions rencontré pour la
première fois, lors de ma première mission avec Ynternet.org, où nous
formions des acteurs sociaux africains à l'utilisation des Nouvelles
Technologies.
Nous évoquons quelques souvenirs de ces échanges, je lui raconte mes
premières missions africaines au Togo, au Burkina et au Gabon avec
Cooperation.net, et nous partons pour Alternative.
Finalement, ce projet, bien que comportant de nombreux défauts dans sa
mise en oeuvre aura permis à de nombreux mouvements sociaux de
s'approprier avec de bonnes bases l'outil internet, et même si les
objectifs fixés au départ n'ont dans l'ensemble pas été atteints, il est
certain que nous avons participé à la vulgarisation de l'email en Afrique,
et je m'en réjouis aujourd'hui. Moussa Tchangari aussi utilise toujours
aujourd'hui sa boite coopération. Je penserais à mon retour à m'assurer
une nouvelle fois que le service va perdurer longuement pour permettre à
tout ceux qui l'utilisent de continuer...

Alternative Niger. Arrivé au siège, je retrouve d'autres amis croisés à
Kita ou lors du Forum Social Mondial de Bamako. Nous échangeons sur les
affaires politiques du pays, sur la famine de l'an dernier et sur les
mouvements sociaux contre la vie chère qui ont mobilisés tout le pays en
Mars 2005. Je visite ensuite les lieux : le studio radio, le cyber, la
salle de réunion, et finit par m'installer dans la salle internet, qui
dispose d'une des rares connexions internet permanente du pays, un 128ko
dédié, pour faire la connaissance de Kimba, un jeune informaticien
nigérien en stage depuis quelques mois ici, et qui s'occupe des sites
internets du groupe. Il travaille actuellement sur le site du Forum Social
Nigérien, qui est sous spip, et il est ravi de recevoir quelques coups de
main... Nous parlons d'Africa Computing, qu'il connait, mais qu'il
n'utilise pas encore. Le président du Réseaux des Jeunes pour les
Nouvelles Technologies nous rend visite. Ce réseau s'est créé suite à la
formation organisée à Niamey par Africa Computing en Janvier 2003, et le
jeune homme est ravi de recevoir des nouvelles des formateurs qui avaient
laissés un si bon souvenir au Niger...
La connexion possède un débit suffisant pour avoir une conversation
téléphonique par Skype de façon agréable. Je parle ainsi avec ma femme,
qui reste en France pour poursuivre ses études, mais avec qui je peux
maintenir le lien quotidiennement grâce à internet : ça aide à supporter
la séparation. Par ailleurs, nous allons essayer de diffuser la radio
alternative en permance à travers le monde sur internet. Théoriquement,
cela est possible, il reste à effectuer des essais ces prochains jours...

Alors que je fais connaissance des « militants » du groupe Alternative,
nous en profitons pour visionner le film sur le contre-sommet de Bamako,
celui qui s'était déroulé en Décembre 2005, en contrepoint à celui des
chefs d'états Afrique-France, et sur lequel nous travaillions avec Fabrice
de Survie depuis lors... Une version de 17 minutes, appelé « J'ai honte de
la politique de la France en Afrique », a été montée par l'association
Mapamundi en échange de la réalisation de leur site internet... Le film
donne bien à ressentir l'ambiance du contre-sommet et plait aux camarades
du Niger. Nous décidons ensemble d'organiser dans le cadre des activités
du FSN une séance de projections avec ce film, ainsi que les deux films
réalisés l'an dernier par Armand : « Paroles de Fana(s) » et « Quand
Sankara... ». Nous projetterons aussi, comme au FSM de Bamako, quelques
films zapatistes, et des productions locales...

Nous apprenons alors que le gouvernement, via le ministre de l'intérieur
vient d'envoyer un courrier annonçant qu'il ne laisserait pas le forum se
tenir sur le sol nigérien. La nouvelle est rude pour toute l'équipe, mais
l'on s'y attendait, et la mobilisation s'organise aussitôt. Une réunion du
comité organisateur a lieu le lendemain matin à la première heure et une
réponse sera donnée par voie de presse. Le reste de la journée se passe
tranquillement derrière l'ordinateur, à travailler sur le site du FSN, à
échanger sur la situation du Niger et vient le soir, où tout le monde
disparaît pour la rupture du jeûn. Moussa m'invite chez lui, où je fais
connaissance de sa femme et de ses enfants, et où nous dégustons la
meilleure pintade de Niamey, accompagnée d'une sauce délicieuse préparée
par sa femme.

Conférence à l'université. Nous ressortons vers 20h30 pour nous rendre à
l'université du Niger où une conférence doit avoir lieu pour informer les
étudiants sur les défis et les enjeux du Forum. Moussa est très connu et
apprécié là-bas. Alors que le campus me semble accueillant et verdoyant,
on m'explique l'état avancé de dégradation des lieux, et les conditions
épouvantables de travail. Il faut dire que j'ai connu le campus à Lomé et
Bamako, et qu'il est difficile de faire pire. Les cours ont repris la
semaine passée, et la fête de la korité devant se tenir le dimanche, les
étudians présents sur le campus sont peu nombreux. Cependant,
l'ampithéâtre extérieur est à moitié plein quand commence la conférence.
Je pense qu'il n'y a pas un étudiant qui n'est pas venu assister à la
conférence de Moussa. La présentation est rapide, et l'on parle de la
réaction du gouvernement, on se rappelle ceux qui se sont battus pour
obtenir le droit constitutionnel de se réunir en association et pour le
droit d'expression. Finalement, après quelques questions et réponses, on
se sépare sur la promesse de se mobiliser pour faire du forum un grand
succès...
Au retour, Moussa s'inquiète que je n'ai pas encore fait mon visa. Il me
dit de me préparer à une évenutelle expulsion, ce qui a déjà été le cas
d'une volontaire canadienne : je lui explique que ça m'est déjà arrivé au
Gabon, et ça le fait bien rire. M'enfin, la perspective de se faire
expulser d'Afrique et de ne pas assister aux événements pour lesquels je
suis venu ne m'enchante guère. J'irai à la première heure m'en occuper le
lendemain matin, et éviter un éventuel refus...

La prudence s'impose. Alors que la réunion du Comité Organisateur suivi
d'une conférence de presse doit être en train de se dérouler à
Alternative, je suis malheureusement obligé d'accomplir les formalités
pour le visa. Tout se passe bien, mais ça prend du temps, et le temps de
retirer de l'argent à la banque d'à côté, la matinée est déjà bien
avancée. La fête de la Korité, de fin de ramadan, est pour demain et tous
les taxis sont pleins. Je patiente sur le bord de la route, et marche sous
le soleil pendant une bonne demi-heure. Heureusement, un type sympa
s'arrête alors que je fais du stop. Il est militaire et me pose un peu
trop de questions sur les raisons de mon séjour. Je parle de tourisme,
d'amour de l'Afrique, de visites du pays. Finalement, le type semble sympa
et m'invite pour le lendemain à passer à la fête qu'il organise chez lui.
J'irai sans doute y faire un saut, en restant prudent sur les activités
qui m'amène ici en réalité.
Il me dépose à la station service non loin d'Alternative, où les gens se
sont dispersés. Une partie de l'équipe est partie rendre visite à un
journaliste emprisonné à 180 kilomètres de là. J'aurai pu être du voyage,
mais suis arrivé trop tard malheureusement. Je sens une grande fatigue
m'envahir avec la chaleur, et décide donc de rentrer me reposer à l'hotel,
après avoir tout de même répondu à quelques emails... J'achète au passage
quelques fruits et melons que je déguste avec joie, avant de m'allonger
deux bonnes heures pour une sieste indispensable pour survivre aux 40°
qu'il fait dehors depuis hier.
Vers 18h00, je sors sur la petite terrasse de l'auberge, et commence à
écrire un article sur la situation politique au Niger. Il fait chaud et je
ne me sens pas très bien, je décide de retourner dans la chambre me passer
un peu d'eau sur le visage. Quand j'allume la lumière, je tombe nez à nez
sur un nigerien, debout face à mes affaires, torse nu, une brosse à dent
dans une main, 55 000 CFA dans l'autre. Flagrant délit. Je lui intime de
me rendre immédiatement l'argent, ce qu'il fait. J'appelle le gardien qui
constate la situation. Mon voleur est calme et ne tente rien pour
s'échapper, il se contente de nier l'évidence. Tandis que je vérifie si
rien ne manque, je lui demande de rester à côté afin qu'il ne voit pas où
j'ai mis le reste de l'argent. Ce voyou, qui est client du dortoir d'à
côté, et qui partage donc la même salle de bain en profite pour filer en
douce, en laissant ses affaires dans la chambre, dont son sac et sa pièce
d'identité. On retrouvera dans ses affaires deux boites de Bactrim, que
j'ai amené pour remettre à une association de séropositis de Niamey, ainsi
qu'un préservatif de la marque de ceux que j'ai amené pour distribuer aux
associations de lutte contre le sida de la place. Le vol est indéniable,
et j'ai même l'impression qu'il a du prendre ça la veille...
Je venais de retirer le matin même plus de 600 euros qui devait constituer
l'ensemble de mes frais pour les deux mois à venir : on peut dire que j'ai
eu de la chance, le voleur n'aura emporté « que » 20 euros et 20 000 CFA,
soit 50 euros tout de même, mais rien en comparaison du vol possible de
l'appareil photo, du minidisc, du caméscope, de l'ordinateur, bref de tout
le matériel qui me permet de travailler pendant mon séjour...

Je vais passer mon samedi soir à dormir, après avoir fini deux articles
que j'enverrai dimanche matin à Paris.

+ de carnets de routes en ligne...

-- 
Sebastian Alzerreca
zoul at no-log.org
http://www.zoulstory.com


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