[Imc-africa] Un forum social mondial , c'est toujours aussi riche ! Regrettez de ne pas êtr e là !
Mamadou
madou.coulou21 at gmail.com
Sun Jan 21 13:23:46 PST 2007
salut zoul et à tout ce qui ont pue se deplacer
je suis ravie pour vous tous à nous aussi le Kenya aurait peut etre plue.
bon sa mis à part on n'apprecie ce mail bien sympa mais on n'as des
problèmes sur le serveur de ce fait je ne pourrais pas etre trop
visible dans les discussions jusqu'a ce qu'on règle sa.
comment cella se passe concrètement au niveau du travaill pour
recupere des infos et l'ambiance est elle super millitante.
j'espere lire les comptes rendues des reunions.
et planifie une cillaboration inter-africains au niveau des medias alternatifs.
bonne nuit à naïrobi ici bamako
On 1/20/07, Zoul <zoul at no-log.org> wrote:
> Sorry for english readers, no time to translate, and no energy at all !
> This first dedicated to the people that cannot come because of visa stuff !
> No borders !
>
> Un premier texte en français dédicacé à tous ceux qui n'ont pas pu venir
> faute de visas : vous nous manquez !
>
> Le voyage par Qatar Airways est assez pénible. 6 heures de vol pour Doha.
> 5 heures à Doha. Puis de nouveau 6 heures d'avion, mais qui sont passés
> plus vite. J'ai réussi à dormir, après une courte discussion avec quelques
> amis en route pour le forum. En effet, dans la même rangée que moi, je
> retrouve Said Tbel de l'Espace Associatif de Rabat, qui fait notamment
> partie du Manifeste Euro-Africain sur les migrations, et que j'avais connu
> lors de mon court séjour au Maroc en 2005 ainsi qu'Anne Sophie, une
> française qui vit à Rabat et travaille aussi sur la question. Yoro Bi du
> Bénin nous avait mis en contact par mail, mais c'est dans l'avion qu'on se
> rencontre... J'ai une bonne discussion avec un jeune qui part en mission
> en RDC au Kivu, pour ACTED, l'agence d'aide à la coopération technique et
> le développement. Il sort d'une grande école, sciences-po Lyon, suivi
> d'une formation supérieure en relations internationales dans une école en
> Suisse. C'est son premier séjour en terre africaine, mais il a l'air assez
> sur de lui. On n'a pas vraiment la même approche des choses, mais c'est
> intéressant de confronter nos points de vue... Le forum social a déjà
> commencé...
>
> Finalement, arrivé à l'aéroport, je ne sais pas quoi faire : je pourrai
> bien tenter de rejoindre le campement no-vox, mais j'ai peur de n'y
> trouver personne, et je décide finalement de sauter dans un bus pour le
> centre-ville, et de me laisser porter. Le bus coute 40 Shillings (50 cents
> d'euros) tandis que le moindre taxi coute 1000 Shillings (12 euros). Je
> regrette pas, car j'ai le temps de découvrir la ville et de rencontrer mes
> premiers kenyans. Un massai monte à l'avant : il a l'oreille qui pend
> comme c'est pas possible, un baton de berger, et une bouteille de 5 litres
> remplis d'un liquide brunatre, un drap coloré lui recouvre les épaules, il
> s'installe devant moi, se retourne, me regarde droit dans les yeux et
> m'apprend mon premier mot : « Jambo ». Je réponds comme je peux, et on
> s'échange quelques banalités avec l'aide de ma voisine qui parle anglais.
> Il semble très accueillant, et me propose de son éspère de bière. Tout le
> monde dans le bus me le déconseille. Il s'agit d'un remède apparement. Je
> lui propose un carré de chocolat (du Toblerone), il accepte en faisant la
> moue, et croque un premier bout en descendant du bus. Tout le monde est
> très gentil et s'occupe de moi. Je demande pour rejoindre la maison
> indymedia et on me met dans un autre bus. Le centre ville est blindé
> d'activités. Des gros bus colorés circulent à toute allure.
>
> Finalement, après une bonne heure et demie de bus, j'arrive à la maison
> Indymedia. C'est dans un quartier de riche, plein de grosses maisons,
> super barricadées, et la notre n'échappe pas à la règle. Je suis acceuilli
> par Josh, un geek formidablement acceuillant. Andy, du Prometheus project
> travaille sur des transistors. Les autres ne sont pas beaucoup là. La
> soirée est un peu calme à mon goût, mais ça tombe bien, je suis crevé. La
> seule chose notable est l'arrivée de neuf étudiants de l'université de
> Maseno, qui vont passer la semaine avec nous. Les « meetings » indymedia
> durent des plombes, et ça me saoule grave. La connexion internet ne marche
> presque pas pour l'instant, mais le lendemain, ça marchera heureusement...
> Un bon repas a été préparé et ça fait du bien par où ça passe. Passons
> donc au premier jour...
>
> Quelle journée de folie !
>
> Ca commençait moyen avec le meeting Indymedia. Bien qu'il y ait de super
> énergies dans l'aventure, j'ai l'impression que tout prend trop de temps.
> Personne n'est speed, et ça me saoule d'attendre le bus prévu pour
> l'équipe (nous sommes 25) pour partir à la manif. Content de savoir que
> Terna, un mec formidable d'Afrique du Sud, d'Indymedia CapeTown veut aussi
> y aller avant. On saute donc dans le bus 24, et une heure plus tard
> environ, nous descendons à 200m du District Office de Kibera. Il est
> environ 11h15 et la manif est déjà partie. Il y a beaucoup de monde et
> d'ambiance, et on se joint donc à la marche. Je commence à ouvrir le
> mini-disc pour receuillir des témoignages en français. La maison Indymedia
> est blindé de gens qui parlent anglais, j'ai donc décidé de me concentrer
> sur les témoignages en français.
> Et le forum commence :
> Ma première rencontre intéressante a lieu dans la manifestation. Un jeune
> de la rue me salue, et nous échangeons quelques mots. Il m'explique
> pourquoi il est là. Rapidement, je comprends qu'on lui a promis des
> chaussures neuves si il allait à la manif. J'ai un peu de mal à y croire,
> mais pourquoi pas. On distribue bien des t-shirts pour faire voter les
> gens ou manifester. Pourquoi pas promettre des chaussures. Camao, 21 ans,
> m'explique qu'il boit de l'alcool pour supporter le stress de la rue, les
> agressions constantes, le racket des policiers. La rue, c'est la
> souffrance. Il dit qu'il y a de l'argent pour les jeunes, mais pas pour
> tous. Qu'il y a trop d'enfants dans les rues. Il y en a toujours qui ne
> reçoivent aucune sorte d'assistance. Quand je leur demande ce qu'ils
> attendent ou comprennent de ce forum, la réponse claque : qu'on les sorte
> de la rue. J'essaye maladroitement de leur expliquer qu'on n'est pas là
> pour ça. Alors ils demandent au moins qu'on leur donne au moins la parole.
> Ils disent avoir beaucoup de talents. Ils voudraient voir leur vie « aller
> bien » et aussi la vie des autres. Etre au moins égaux avec les autres.
> Les deux sont orphelins, leurs frères sont aussi dans la rue. Une de leurs
> soeurs va à l'école.
>
> La marche continue et nous arrivons au Parc d'Uhuru. Une grande scène a
> été montée, et les prises de parole vont s'enchainer, entrecoupées de
> musique hurlante, pas toujours très agréable. Mais bon, c'est pour le
> show, et ça fait partie du délire. J'ai entendu un bon groupe de rap aussi
> à un moment.
>
> Personnellement, j'ai du mal à me concentrer sur les discours, et
> préfèrent chercher des coins d'ombre ou discuter avec les gens. Je
> rencontre ainsi deux paysans, issus d'une communauté déplacée et qui
> vivent actuellement dans un camp de réfugié, géré par la croix rouge et
> d'autres ongs...
> John Ayila et Walter Otieno sont originaires de Siaya District.
> Malheureusement pour eux, une multinationale « The Dominion Groupe of
> Companies » a décidé de cultiver du riz dans leurs marécages de Yala, sur
> leurs terres ancestrales...
> Ils ont donc étés expulsés et repoussés à quelques dizaines de kilomètres
> de là, et s'entassent aujourd'hui dans un camp, où ils sont nourris par
> quelques associations internationales, puisqu'ils n'ont plus de terres à
> cultiver. Le contrat entre la multinationale a été conclu avec le
> gouvernement kenyan pour 25 ans. En attendant, ils peuvent bien crever
> dans leurs camps : toutes les démarches pour se défendre ont échoués. Et
> la dernière nouvelle, c'est la mise en route d'une usine électrique avec
> une retenue d'eau qui créé un lac, et des eaux qui stagnent apportant son
> lot de maladies et de morts. Selon eux, dans leur communauté, ce sont 5 à
> 10 personnes qui meurent des suites de ces pollutions chaque mois. John me
> dit, en anglais : « Let me tell you an image of the corruption in my
> country ». Ils se sont plaints auprès du gouvernement, mais n'ont pas
> obtenus de réponse. Le gouvernement a reçu de l'argent de la
> multinationale. Ils ont tentés une procédure judiciaire qui suit son cours
> depuis 2003, mais la justice les roule en permanence et fait trainer le
> dossier. Les juges aussi ont reçus de l'argent, selon eux. Ils n'ont
> aucune solution, aucun espoir, si ce n'est ce maigre espoir qu'avec ce
> forum, leur situation soit un peu connu. Apparemment, c'est un peu la même
> chose dans de nombreux coins du Kenya...
>
> Les remerciant chaudement pour ceux qu'ils m'ont appris, je reprends la
> route, entre deux gorgées d'eau, et une bonne rasade de crème protectrice.
> Tous les blancs sont devenus rouges. Le soleil frappe fort. Dans la
> marche, j'ai été étonné du nombre de bonnes soeurs. Jamais vu ça avant
> dans une manif du FSM, ou même dans un forum local. Je décide donc de
> mettre de côté mon sentiment anti-religion primaire pour mener l'enquête.
> J'aborde un groupe de 4 nones qui m'ont l'air sympathiques.
>
> Elles appartiennent donc à une congrégation appelée Salesyan Sister of Don
> Bosco. La bonne soeur blanche à qui je parle vient de Colombie, je
> comprends mieux le nom. Basiquement, elles placent l'éducation au coeur du
> changement social. Leur groupe gère une école primaire, une école
> technique, une école secondaire, et même une université : The faculty of
> Youth Ministry.. Elles accueillent de nombreux enfants des rues, possèdent
> un dispensaire, une pharmacie, et mènent de nombreux projets de
> micro-économies pour tenter de financer localement toutes ces activités.
> Quand je leur demande le principal problème en Afrique, c'est la pauvreté
> qui sort en premier. Elles expliquent que les jeunes quittent les zones
> rurales pour trouver du travail en ville. Comme le travail manque, ils
> s'entassent dans les bidonvilles (« Slums », celui de Kibera compte plus
> de 700 000 « habitants », soit un tiers des habitants de Nairobi...). Le
> grand challenge des bonnes soeurs, c'est de récolter des fonds, de trouver
> des partenaires étrangers pour les aider dans leurs activités.
> Elles pensent que le forum peut jouer un rôle important de sensibilisation
> auprès du gouvernement du Kenya, mais aussi envers les populations en
> parlant des problèmes qu'ils vivent, et en recevant l'énergie résistante
> du monde entier. C'est aussi une occasion pour elles de s'inscrire dans ce
> mouvement mondial, d'être parmi les « forces de transformation ». Elles
> croient à l'éducation pour un monde meilleure, et elles n'attendent pas
> d'être libérés par d'autres, mais expliquent que c'est à chacun de se
> libérer soi même. Pour elles, l'éducation c'est aussi un bon système de
> prévention de la délinquance. La personne est au coeur de leur
> préoccupation, avec la raison, la religion, l'amour et la gentilesse (sic)
> comme valeurs. Pourquoi pas après tout? Elles pensent que tout le monde
> est concernée, de la famille aux plus grands institutions. Pour finir,
> j'ai demandé à la soeur colombienne, après deux ans en Afrique, quelle
> était la majeure différence entre son expérience en Amérique du Sud et
> ici. Pour elle, le sens de la participation sociale pour transformer la
> société est très fort en Colombie, tandis qu'en Afrique, on sent bien
> qu'il est présent, mais bien loin encore d'être aussi développé que
> là-bas...
>
> J'ai apprécié cette rencontre, même si je suis sur que plein de non-dits
> restent cachés dans leur réponse, et que je tiendrai pas cinq minutes dans
> une de leurs écoles. Force est de reconnaître qu'en l'absence d'un état
> responsable, les églises abattent un formidable travail social. Je n'ai
> pas non plus senti chez elle un fort sentiment révolutionnaire non plus...
>
> Le sentiment révolutionnaire par contre, je l'ai bien senti lors de mon
> court entretien avec deux femmes massai. Entretien rendu possible par
> l'équipe d'indymedia Kenya, via la personne d'Oscar qui a réalisé un
> travail d'interprétation tout à fait formidable et d'une efficacité
> redoutable.
>
> Ces deux femmes qui viennent du nord du pays racontent leurs difficultés,
> la pauvreté, les droits de la femme bafouée, les problèmes avec les
> éleveurs locaux qui saccagent leurs terres, mais aussi les luttes qui les
> animent. C'est Action Aid qui a rendu possible leur participation, et je
> vous assure qu'elles ne sont pas là pour le folkore... Leurs mots sont
> véritablement engagés pour gagner de haute lutte leurs droits. J'espère
> les croiser à nouveau demain pour en savoir plus.
>
> Je croise quelques amis des No-vox qui me racontent qu'un forum alternatif
> avec de vrais enragés a lieu dans un parc non loin d'ici. Il se tiendra
> toute la semaine, et j'aurai sans doute l'occasion d'en savoir plus. Mais
> apparemment, les mecs sont costauds...
>
> La faim commence à m'attraper sérieusement. Il est bientôt 17 heures et le
> parc comment à se vider. Avec Fabian et JJ, on veut aller faire un tour au
> stade, pour voir où en sont les préparatifs, mais nous devons d'abord
> manger. On partage un pauvre hamburger avec des frites, qui n'est pas
> aussi intéressant que les deux femmes avec qui nous discutons. Je les
> aborde, puisqu'elles nous regardent bizzares et semblent parler de nous,
> en demandant si elles ont entendu parler du forum. Elles ne comprennent
> pas d'abord, puis comprennent. Elles en ont entendu parler mais ne savent
> pas vraiment de quoi il s'agit. Classique, I would say. Elles montrent un
> certain interêt et partent en nous laissant leurs emails. L'une d'entre
> elle bosse pour la Banque Centrale du Kenya, et promet d'essayer de faire
> un tour au stade au cours du forum. La discussion continue avec une jolie
> jeune fille de 21 ans, bien sympathique, avec qui nous dégustons une
> glace. Elle non plus ne sait rien du forum, mais ça l'intéresse. Elle
> étudie le journalisme, et elle nous parle un peu des réalités de la
> jeunesse au Kenya. Les jeunes sont assez libres selon elles, excepté dans
> les régions Massai où la culture reste très forte, ainsi que les
> traditions.
> Nous reprenons le chemin du parc, et abandonnons l'idée de passer au
> stade, il est déjà trop tard.
>
> Nous sommes étonnés par le t-shirt que porte une femme devant nous. Il dit
> « Another Ogun is possible ». On se demande s'il ne s'agit pas d'une
> blague puisque le coordinateur local du WSF s'appelle Ogun. En fait, pas
> du tout, il s'agit d'une région du Nigeria qui a organisé son Social Forum
> là bas. La discussion est très riche avec cette femme farouchement
> radicale, et qui compare avec amusement le Forum a un marché. Pour elle,
> ce forum ne devrait pas être ouvert à tous comme un marché, car chacun
> vient au marché avec des objectifs et des interêts précis. Au forum, il
> faudrait essayer de se concentrer sur ceux qui travaillent à un véritable
> changement de la société. Trop de participants semblent là en touriste.
> L'homme qui l'accompagne semble plus discret mais on découvre au cours de
> la conversation qu'il s'agit de Ken, le contact que nous avions avec
> Bruno, du Canada, quand nous avions essayé d'avoir le visa pour le Forum
> Social Ouest Africain au Nigeria. On se tape un bon rire. Le monde est
> tout petit évidemment. Et on finit toujours par se recroiser.
>
> Arrivé au parc, qui s'est bien vidé, je retrouve un paquet d'amis :
> Etienne, qui me remet mon accréditation presse. Les copains de No-vox,
> Achille, les nigériens, tout le monde s'est donné rendez-vous !
> J'hésite à continuer la soirée à une des nombreuses soirées prévues, mais
> préfère utiliser le bus d'Indymedia pour le retour, histoire de prendre
> une douche, décrire ce texte et de me reposer, car demain, ça commence
> pour de vrai...
>
> Ici, l'ambiance est assez strange. J'ai du mal avec le travail collectif.
> Il faudrait préparer la bouffe, laver la vaiselle, etc. C'est pas que je
> veux pas, mais là j'ai d'autres choses à faire, et j'aimerai mieux que
> chacun se débrouille on qu'on embauche quelqu'un pour nous filer un coup
> de main avec ça. Ma proposition n'emporte pas l'adhésion, je le savais
> très bien, et c'est même plutôt un tollé. Une des américaines dit qu'elle
> préfère que ceux qui ne participent pas ne mangent pas, car elle ne veut
> pas cuisiner pour quelqu'un qui ne joue pas le jeu. Elle a raison. J'ai
> pas faim, ça tombe très bien. Je suis assez isolé dans cet environnement
> anglophone, et je crois que ça va vite me saouler. Mais bon, y'a des gens
> supers et je suis assez crevé. Je file au lit et vous donne rendez-vous
> demain...
>
> J'ai sélectionné des photos pour vous, mais impossible de les envoyer, la
> connexion est pourrie. Je le ferai sans doute demain depuis le centre
> média du forum...
>
> C'était une grande journée, et j'attends la suite avec impatience. Je suis
> tout brulé au cou et ça fait mal, mais je n'aurai pas de mal à dormir...
> Zoul
> zoul at no-log.org
> http://www.zoulstory.com
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