Appel de bibliothécaires du Liban aux congressistes de l’IFLA réunis à Séoul du 20 au 24 Août 2006

Zapopan Martin Muela-Meza zapopanmuela at yahoo.com
Sat Aug 19 08:07:24 PDT 2006


Vendredi 18 Août 2006
Appel de bibliothécaires du Liban aux congressistes de l’IFLA réunis à 
Séoul du 20 au 24 Août 2006
publié par collectif bibLiban publié dans : bibLiban

Un blog pour les bibliothèques du Liban
<http://bibliban.over-blog.com/>

Les bibliothécaires du Liban ne pourront pas cette année participer en
nombre au congrès de l’Ifla. L’agression israélienne sur le Liban, qui est
aujourd’hui suspendue, a fait en un mois plus de 5000 victimes tuées ou
blessées, des civils pour la plupart dont plus de 30% sont des enfants,
détruit en quelques heures toute l’infrastructure du pays, fait subir à
une population terrorisée, dont le quart est aujourd’hui déplacé, un
blocus par air, terre et mer qui l’étouffe.

Des collègues bibliothécaires ont aujourd'hui perdu leurs maisons, se sont
retrouvées déplacées dans leur propre pays et, à l'égal de très nombreuses
personnes, ont aujourd'hui perdu leur emploi.

 

Les répercussions de cette guerre sont graves tant sur le plan économique
que social, éducatif, culturel, humain et psychologique, un nombre
d’entreprises et d’institutions ayant été détruites ou ayant dû fermer
leurs portes.

Le Liban connaissait depuis l’année 2000 une dynamique pour la création et
l’animation de bibliothèques publiques avec un réseau de soixante dix
bibliothèques. Aujourd’hui 30 bibliothèques publiques sont fermées ou
détruites. Sans compter les bibliothèques scolaires et universitaires,
ainsi que les écoles elles-mêmes, abandonnées ou détruites ou transformées
en refuges pour les familles déplacées. Des centres culturels et de
documentation, mémoire du pays, ont été bombardés et détruits.

La Bibliothèque Nationale du Liban a connu déjà les ravages de 16 années
de guerre. Tous les efforts pour remettre sur pied cette institution
risquent aujourd’hui de s’avérer inutiles, et l’équipe risque de se
disperser, les contrats de travail ayant été suspendus.

Face à cette agression, les bibliothécaires du Liban cherchent à répondre
aux besoins nouveaux imposés par le déplacement forcé des populations.
Dans les lieux moins exposés, dans les montagnes, les bibliothèques qui
ont pu rester en activité ont vu leurs espaces investis par un nombre
considérable d’ « usagers ». Dans les écoles et jardins transformés en
refuges précaires, des volontaires organisent des animations pour ces
enfants traumatisés. Un mouvement de solidarité parmi les bibliothécaires
français a déjà permis l’achat d’une partie du matériel nécessaire à ce
travail.

Nous appelons les associations de bibliothécaires dans le monde à prendre
position contre la destruction d’un pays connu pour son dynamisme, son
rayonnement culturel au sein du monde arabe et sa diversité que reflètent
son réseau de bibliothèques, et à s’engager dans toute action qui concoure
au maintien des cessez le feu et au respect des frontières afin qu’à
l’avenir nous ne voyions plus une fois de plus détruit ce que nous aurons
reconstruit.

Nous invitons les collègues bibliothécaires à manifester leur solidarité
morale et matérielle avec les bibliothèques du Liban qui peuvent
constituer un instrument précieux pour la paix et la tolérance.

 

Tous ensemble nous devons œuvrer pour que soit trouvée une solution
durable qui permette au peuple libanais de vivre dans la paix et la
dignité.

Un blog a été lancé pour informer sur la situation des bibliothèques du
Liban : http://bibliban.over-blog.com.

Signataires : Marie Helène Bastianelli (mise à disposition du Ministère de
la Culture du Liban) , Hala Bizri (Bibliothèque Nationale du Liban),
Ismail Chahin e (Bibliothèque de Hermel) , Clarisse Chebli (Arab
Federation of Libraries and Information), Sawsan al Habre (Lebanese
American University), Hilda Nassar (Saab Medical Library, American
University of Beirut, IFLA / RSCAO Information Coordinator), José de
Raulin (Bureau du livre, Ambassade de France au Liban), Maud Stéphan
(Université Libanaise), Elsa Zakhia (Institut Français du Proche-Orient). 

publié par collectif bibliban publié dans : bibliban

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Vendredi 18 Août 2006
Alerte sur le projet de la Bibliothèque Nationale du Liban
La Bibliothèque nationale du Liban avait déjà subi les ravages de 16
années de guerre de 1975 à 1991. En effet, outre les dommages causés à ses
collections par les vols, le vandalisme des groupes armés, les mauvaises
conditions de déménagement et d’entreposage des documents, l’institution
même avait été suspendue, son équipe dispersée, ses bâtiments endommagés
puis réaffectés à d’autres fonctions. 
Il a fallu 11 années, au sortir de la guerre civile, pour mettre sur pied
un projet de réhabilitation de la Bibliothèque Nationale, 11 années pour
intéresser les décideurs préoccupés par d’autres priorités de
reconstruction, pour alerter sur le péril de perdre le patrimoine écrit,
pour trouver un local provisoire, mettre sur pied un noyau d’équipe. Tout
était à faire et rien n’était disponible : ni espace, ni moyens
financiers, ni personnel, ni catalogue ou inventaire de l’existant. En
2003, ces efforts ont abouti au lancement d’un projet de réhabilitation de
la BNL, avec l’aide de la coopération européenne, et qui visait à sauver
les collections existantes, en préserver la mémoire, former le noyau d’une
équipe compétente, refonder l’Institution publique, et préparer le
programme architectural pour la future Bibliothèque nationale du Liban. En
Juillet 2006 ce projet venait à terme, alors qu’un second projet, pour la
construction, l’équipement de la BNL ainsi que le développement des
collections, financé par l’Emir du Qatar, qui venait à point pour prendre
la relève, n’a pas eu le temps d’être initié.
 
L’agression israélienne sur le Liban, outre les graves dommages  directs
sur les vies humaines, les infrastructures et l’économie libanaise, a mis
en péril un grand nombre d’institutions dans le pays. Elle compromet les
efforts pour former l’équipe de travail qui risque aujourd’hui de se
trouver dispersée. En outre la fermeture des locaux provisoires ne peut
qu’endommager, par l’absence de ventilation et les coupures d’électricité,
les collections qui avaient été si difficilement désinfectées, nettoyées,
et restaurées. Il faut savoir aussi que les bâtiments qui devaient être
affectés à la future BNL, après restauration et extension, sont devenus
des lieux de refuges pour les déplacés. Enfin, la période transitoire,
forcément prolongée, entre les deux projets de réhabilitation et de
reconstruction (et les deux financements, européen et qatari) risque de
créer un « vide institutionnel » périlleux pour les décisions d’urgence.
Plus l’agression et la situation précaire se prolongent, plus la reprise
du projet sera difficile.
 
Face à ce risque, le Ministère de la Culture et l’équipe de la BNL ont
décidé de continuer malgré tout, d’assurer un minimum de présence, même
risquée, afin de parer à toute urgence, de préparer les plans de sauvetage
et faciliter toute reprise future. Il faut saluer leurs efforts et leur
courage. Les Libanais ont déjà prouvé plusieurs fois leur dynamisme et
leur volonté de vivre, leur capacité à toujours reconstruire, mais il est
urgent que le Liban retrouve la normale pour lui permettre une fois de
plus de se relever. 
Maud Stephan
 
 
 
publié par Maud Stephan publié dans : bibliban
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Jeudi 17 Août 2006
Carte des bibliothèques publiques fermées suite à la guerre de
Juillet-Août 2006

 

 

Liste des 30 bibliothèques fermées :

Aabra, Aachqout, Aaramoun, Aayn Aata, Aayn Baal, Aaytat, Aaytit,
Al-Abbassiya, Al-Qaa, Baadarane, Babliyé, Barja, Barr Elias,
Beyrouth-Bachoura, Beyrouth-Rmeil, Bint Jbeil, Choueyfat, Haret
Hreik-Michel Nabaa, Haret Hreik-Municipalité, Jbaa, Nabatiyeh, Nabi Osman,
Qabb Elias, Saadnayel, Saida-Centre Maarouf Saad, Saida-Mosquée Osseiran,
Saida-Municipalité, Tripoli-Rue Thaqafa, Tyr, Zawter Al-Charqiyya,

 

Liste établie au 15 août


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Zapopan Martín Muela-Meza, doctorando Estudios de la Informacion
Depto. Estudios de la Informacion, University of Sheffield
211 Portobello Street, Sheffield, S1 4DP, REINO UNIDO
zapopanmuela*nospam*gmail.com
http://www.shef.ac.uk/is/research/groups/lib/people.html

"Ademas, bajo las condiciones existentes, los capitalistas controlan
inevitablemente, directa o indirectamente, las principales 
fuentes de informacion (prensa, radio, educacion). Es por lo tanto muy 
dificil para el ciudadano, enla mayoria de los casos practicamente imposible, llegar a conclusiones objetivas y hacer un uso inteligente
de sus derechos politicos." --Albert Einstein (1949). "Por que el socialismo?"  En: Einstein, A. (1995). Sobre el humanismo: Escritos sobre politica, sociedad y ciencia. Barcelona: Paidos, p. 15.
<http://www.ucm.es/info/bas/es/einstein/html/porque.htm>.

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