[Imc-france-info] Lequel des deux ment ?

Michel Collon michel.collon at skynet.be
Thu Sep 9 03:22:20 PDT 2004


Audience mouvementée au procès Collon / Policiers de Bruxelles - Ville :
Lequel des deux ment ?

« L'une des deux parties ment complètement. Laquelle ? » Ce commentaire d'une journaliste résume bien l'affaire Michel Collon contre police de Bruxelles - Ville, poursuivie ce 6 septembre. Deux policiers sont accusés d'arrestation arbitraire et de coups et blessures très graves commis pour briser une manifestation contre la guerre de l'Otan en Yougoslavie, le 3 avril 1999 (Voir précédent mail Les minutes les plus longues de ma vie ). 

La salle est encore plus remplie que la fois passée. L'audience débute par la présentation des images tournées par différentes télés. Elles montrent Michel Collon embarqué très rudement, mais intact, dans une camionnette policière d'où il ressortira avec 4 côtes fracturées.

- Les policiers Van Impe et Jongen : « Nous n'avons pas frappé Collon dans la camionnette qui l'emmenait vers le commissariat. Il gesticulait et se démenait, alors nous avons dû le maintenir au sol mais nous ne l'avons pas frappé. »
- Michel Collon : « Dès qu'il n'y a plus eu de témoin, ces deux policiers n'ont pas cessé de me frapper à coups de poings sur la tête et de coups de pied dans les côtes, durant toute la durée du trajet. »
- Le procureur Mawet : « Les policiers disent n'avoir rien fait. Mais tous les autres témoins les contredisent. Pour ces brutalités extrêmement graves, je réclame à leur encontre un an et huit mois de prison, éventuellement avec sursis. Il s'agit de donner un avertissement face à de tels actes, commis dans l'exercice de leurs fonctions. »
Et il ajoute :
- « Les policiers prétendent que Monsieur Collon aurait eu ses 4 côtes fracturées, non dans la camionnette où il se trouvait seul avec eux, mais durant l'arrestation qui a précédé, où d'autres policiers sont intervenus. Quel intérêt aurait-il à prétendre cela, puisque de toute façon, il y aurait lieu à poursuites judiciaires ? »

"Tous des connards!"
Tout le réquisitoire du procureur taille en pièces la version mensongère des deux policiers. Egalement dans une autre affaire où Van Impe est poursuivi pour avoir arrêté et violemment tabassé un jeune supporter éméché après le match Belgique - Russie en 2000. Là aussi, Van Impe ment, déclare le procureur qui réclame huit mois supplémentaires.
Comme à l'audience précédente, les deux brutes sont venues avec un 'fan club' d'une quinzaine de collègues, à l'attitude arrogante et menaçante. Lesquels 'supporters' se permettent de ricaner durant la projection des images de l'interview accordée par Michel Collon sur son lit d'hôpital, dans l'état qu'on imagine. Le procureur dénonce cette attitude, une raison supplémentaire de donner une leçon à ces policiers.
	Leçon manifestement pas comprise. En sortant du tribunal, un de ces flics lance : « Ce ne sont tous que des connards ! » 

Le procureur Mawet stigmatise également l'arrestation illégale et arbitraire de Michel Collon, particulièrement visé comme organisateur de la manifestation. Très important pour tous ceux qui ont eu ou auront à faire à l'arbitraire policier : le procureur a indiqué les bases juridiques de la question. « A supposer qu'il y ait un trouble de l'ordre public, on ne peut faire usage de la force que d'une manière raisonnable et après avoir épuisé toutes les autres possibilités de solution (par la négociation) ». L'arrestation d'office est pour certains flics un moyen d'intimider, d'établir leur pouvoir. Mais ils n'en ont pas le droit.
Bon à savoir. En effet, plus nous racontons cette histoire, plus nous entendons d'autres témoignages de victimes de brutalités commises systématiquement dans certaines communes bruxelloises. Si vous en avez la possibilité, ne vous laissez pas arrêter arbitrairement. Et si vous l'avez été, déposez plainte. Vous avez des droits !

Faire confiance aux p-v?
Justement. A propos de la Justice dans ce genre d'affaires en général. Le procureur dit : « Nous sommes bien obligés de faire confiance aux procès-verbaux que nous transmettent les policiers ». Mais ici, il laisse entendre clairement que les procès-verbaux des responsables de la police ne disaient pas du tout la vérité. Alors, on se demande : quand un jeune se fait accrocher arbitrairement par un policier, et qu'il se retrouve pareillement accusé de 'rébellion', 'outrage' et autres délits imaginaires, quand il n'a pas la chance d'avoir, comme dans ce cas, des caméras de télévision autour de lui à ce moment, ainsi que des témoins au-dessus de tout soupçon, quelle chance a-t-il d'obtenir justice face à des mensonges policiers ?

Une dernière anecdote qui en dit long sur certaines mentalités. Le policier Jongen a accusé les manifestants d'avoir « entonné des chants de guerre ». En réalité, comme le démontrent les enregistrements TV, il s'agissait du célèbre « We shall overcome », le chant de Joan Baez et des pacifistes à l'époque de la guerre du Vietnam. Manifestement, certains ne voient pas la paix comme tout le monde. (8.9.04)

Dernière audience : mardi 21 septembre, 8h45, Palais de Justice de Bruxelles, 50ème chambre correctionnelle. Plaidoiries des policiers, répliques des victimes et du procureur.

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PROCHAINS COURRIERS : 
-	Le contribuable bruxellois va-t-il payer à son insu les dégâts causés par deux brutes policières ?
-	Pourquoi Monsieur de Donnéa (ex-bourgmestre de Bruxelles) ne répond-il pas aux lettres ?

PRECEDENTS COURRIERS :
-	Les minutes les plus longues de ma vie
-	Qui a protégé les flics brutaux de Bruxelles - Ville ?
-	Un document remarquable du parquet reconnaît le droit de manifester face à l'arbitraire policier

Bientôt sur le site www.michelcollon.info



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