[Imc-france-lille] [Fwd: [Francophone] Position du collectif Indymedia Nantes sur le projet de syndication]
gafalou at no-log.org
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Ven 14 Déc 11:54:35 PST 2007
---------------------------- Message original ----------------------------
Objet: [Francophone] Position du collectif Indymedia Nantes sur le
projet de syndication
De: "karacole" <karacole at riseup.net>
Date: Jeu 13 décembre 2007 13:48
À: "'Liste de cooperation des cmis et indyanEs francophones.'"
<francophone at lists.indymedia.org>
Copie à: le69-3.org at no-log.org
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Position du collectif Indymedia Nantes sur le projet de syndication
Mercredi 12 décembre 2007
Ce texte est issu d'une réunion du collectif faisant suite à la réunion
IRC qui manifestement n'a pas pu aboutir à quelque chose de positif quant
à la dynamique et à l'avancée du projet de portail de syndication. Il nous
a semblé utile d'essayer d'y voir plus clair en essayant de préciser les
positions du collectif tant sur le projet global que sur les
interrogations et remarques émises notamment par le collectif de Toulouse.
En préliminaire : retour sur le débat sur IRC :
A l'évidence, les échanges mails et ceux lors de la réunion IRC ne sont
pas satisfaisants pour l'instant. Ça nous servira de leçon : l'IRC est
catastrophique pour débattre. C'était donc une mauvaise idée car la
discussion n'a pu se faire pas tant sur le fond que sur les points
politiques soulevés par Toulouse. Elle a pris une forme de discussion de
"ping pong" pas agréable du tout. Et ceci d'autant plus qu'il n'y avait
qu'une seule personne de Toulouse, ce qui a crée une situation où elle
s'est retrouvée un peu seule face aux autres participant-e-s à la réu IRC.
Cela a du être très difficile à vivre pour elle et on s'excuse tout
platement auprès d'elle si on a pu participer au fait d'arriver et de
provoquer cette situation d'opposition un peu raide qu'on ne souhaitait en
rien.
Position globale du collectif de Nantes sur la situation actuelle :
Le collectif de Toulouse pose des questions politiques pertinentes
auxquelles on ne peut pas ne pas répondre au risque de se satisfaire d'un
"chaque collectif est autonome et participe s'il le souhaite" qui ne
résoudrait rien de ces questions de fond.
Pour Indy Nantes, des rencontres internes aux Indy sont nécessaires, la
question de discuter en interne de la cohérence de la participation a ce
projet se pose, sans doute avant de refaire une réunion "ouverte", ainsi
que Toulouse le souligne.
Cependant, lors de la dernière réunion francophone, il a bien été précisé
que les choses étaient distinctes, et qu'il était important de les
séparer. Il n'est pas question que les réunions francophones soient
systématiquement ouvertes. Peut-être faut-il d'ores et déjà prévoir un
week-end francophone et un week-end site de syndication par la suite.
En définitive la réunion de Nantes avait plutôt conclu au souhait d'une
logique d'expérimentation en se rendant bien compte au cours des réunions
que ce n'était pas clair (ce n'est pas facile d'imaginer un site
virtuellement), qu'on avait du mal à réfléchir de façon aussi abstraite.
Pour mieux être sur les mêmes bases de réflexion, il était important
d'expérimenter pour mieux cerner les intérêts et les limites du projet. Il
avait donc été abordé le fait de commencer à travailler un peu
concrètement histoire que les discussions soient moins sur de l'abstrait.
Positions plus développées du collectif de Nantes sur différents points :
? Sur la permanence ou non du site
? La réunion francophone de Toulouse n'avait rien décidé là-dessus. Il
n'y avait pas de consensus sur cette question, chaque collectif devait en
recauser en interne. Sur le moment, le collectif de Nantes s'était
positionné-e-s pour une non-permanence, mais finalement, une meilleure
vision du projet lors de la réunion francophone à Nantes nous a fait
changer d'avis :
? La non-permanence induit de fait une forme de sélection : seuls
quelques évènements seraient dignes de focus... Ce serait d'une part aller
contre l'open publishing mais surtout ça risquerait de travailler à une
invisibilisation de luttes plus quotidiennes ou moins médiatiques, ce qui
n'est pas sans causer un certains nombre de problèmes. Cela pourrait
laisser croire qu'il n'y a, par exemple, que des luttes étudiantes en
France.
? La non-permanence du site induit une somme d'énergie supplémentaire
à investir à chaque fois que le portail est remis en route et par
conséquent plus de technique et donc plus fatiguant, même si ce ne serait
pas non plus hyper compliqué.
? Un portail activé tous les 9 mois tombera dans l'oubli et personne
n'ira le voir, avec un risque de "coup de pub" quand il y aura de la
nouveauté.
? Le portail devait de toute façon être à peu près sous une forme
définitive puisqu'il devait servir d'espace d'archivage de luttes passées
: conserver accessible en permanence l'ensemble des liens vers les
articles locaux des collectifs locaux sur un évènement. Il ne s'agit donc
en définitive que d'ajouter des flux RSS contrôlés par les collectifs
locaux. Par contre, il est vrai que le mode de sélection de ce qu'est un
"évènement national" sur lequel on mettrait l'accent en colonne centrale
peut questionner. Il peut ne représenter que l'addition des colonnes
centrales que nous faisons tou-te-s. La colonne centrale du portail serait
d'ailleurs plus équitable et à jour en terme d'information que les
sélections que nous faisons pour les journaux même si nous sommes
conscient-e-s qu?il ne s?agit pas exactement des mêmes choses.
? La consommation d'information :
? Nous sommes intéressés par le débat ouvert par Toulouse sur la
dimension consumériste de l'info. Seulement, nous ne voyons pas en quoi la
forme non-permanente garantirait une moindre attitude consumériste (ou
l'inverse). Le fait que ce soit permanent ne fait que visibiliser un
comportement qui existe déjà parmi les utilisateur-ice-s de nos sites.
C'est un point intéressant à débattre et à développer, mais qui ne nous
semble pas particulier à ce portail, plutôt commun à nos médias. La limite
entre site d'information et site où l'on consomme de l'info est ténue. Ce
sont souvent les internautes qui par leurs pratiques déterminent leurs
manières de faire.
Peut-être peut-on rajouter qu?être à la recherche d'information sur une
lutte sans y participer n'induit pas nécessairement une posture
consumériste. C'est aussi une manière d'essayer de percevoir un monde
différent de celui que nous construisent les média mainstream, un monde où
la lutte existe, où des gens inventent de nouvelles formes de lutte, se
rejoignent sur des luttes ; c?est aussi une manière de trouver une
information sur des luttes qui nous parlent, qui nous font espérer et nous
donne envie, peut-être trop lentement, de "s'y mettre". De ce point de
vue, la permanence du site de syndication permet une navigation sur
différents sites (pas que des sites indy) qui tentent de ne pas être trop
consuméristes, sauf à considérer les sites indymédia comme de l?incitation
à la consommation d'information (ce qui peut se concevoir....)
? Le portail n'est pas un site interactif. Il n'est fait que de liens
vers des sites locaux qui, eux, sont interactifs (ou qu'on essaye de
rendre interactifs)
? Les personnes qui le visiteront seront probablement pour la plupart
déjà utilisateur-ice-s (consommateur-ice-s ?) de nos sites. Les autres, et
tant mieux s'il y en a ;-), finiront par arriver sur nos sites locaux
(puisque le portail n?induit que la présence de liens) et seront alors
confronté-e-s aux pratiques de nos sites.
? Un texte commun est prévu pour présenter le site et sera en chapeau
sur la page d'accueil afin d'expliquer ce qu'est exactement le portail.
Lors de la dernière réunion francophone, on a vraiment senti l'importance
de ce texte. Il risque de prendre du temps à bien formuler : bon endroit
pour y rajouter des trucs sur les risques et le débat d'une posture
consumériste de l'information. Il y aura aussi une page ou chaque
collectif participant se décrira.
? Sur l'entrisme:
? Ce n?est théoriquement pas possible si le fonctionnement est
réfléchi de façon à l'éviter. La question doit effectivement être posée en
permanence, pas que par Toulouse, et il est important d'y apporter des
réponses. En l'état, vu que le site de syndication est en fait un portail
constitué de liens renvoyant sur les sites locaux, il n'y a pas de
structures "au-dessus" des collectifs locaux donc pas de risque d'un
entrisme de cette manière.
? Puisque chaque collectif est autonome et gère son site, l'entrisme
est très difficilement possible car il faudrait noyauter pleins de
collectifs quasiment en même temps pour que cela ait un effet global.
? Le risque est possible uniquement si un collectif (autre que
purement technique) se forme pour s'occuper du portail. Pour l'éviter, la
mise en place de la colonne centrale du portail (évoqué plus haut) sur un
événement doit être, il nous semble, automatique : agrégation de flux
particulier à l'événement mis en place par les collectifs locaux
intéressés à y participer. Pas de sélection ou de rédaction dans la
colonne centrale. Position ferme d'Indymédia Nantes là-dessus.
? La question peut aussi effectivement se poser sur la manière de
"choisir" les collectifs qui feront partie du projet, mais on a opté pour
un consensus là aussi donc il faut que tout le monde convienne à tout le
monde.
? Il est peut-être aussi important de garder en mémoire que nous
sommes libres et indépendant-e-s et que nous pouvons nous éloigner du
projet sitôt qu'il poserait problème avec le fonctionnement collectif des
IMC.
? Sur la transparence:
? le texte d'introduction au portail doit être très clair quant au but
du portail et la gestion devra se faire de manière automatique pour les
flux rss, accompagnée de manière transparente par le biais d'une liste de
discussion publique.
? Cohérence du réseau / nécessité de consensus
? La cohérence du réseau francophone est un peu mythique. Certes, nous
sommes proches et surtout nous avons tou-te-s accepté les POU comme base.
Mais force est de constater que nos pratiques sont différentes d'un
collectif à l'autre. Ton, tolérance, modération, nous n'avons pas tou-te-s
les mêmes limites déjà en interne d'un collectif, donc a fortiori sur un
réseau de collectifs. La dynamique qui s'est crée à Toulouse et à Nantes
autour de ce site de syndication s'est faite sur une logique d'envie, de
confiance, de plaisir à faire des choses ensemble, ce qui nous a permis
d'arriver à avancer. Une autre manière de dire les choses, lors des
discussions de Nantes, c'est qu'il faudra régler les problèmes quand ils
se poseront même s?il est important d?être conscient-e-s qu?il y en aura
certains.
D'une manière plus générale, il nous apparaît, répétons-le, plus
intéressant de chercher à construire une dynamique d'expérimentation que
d'une recherche de cohérence unifiée aux différents collectifs
participants au site de syndication, logique qui amène souvent assez
rapidement aux blocages des dynamiques collectives. Cependant nous
trouverions vraiment dommage de ne pas avoir un collectif ou un autre dans
l'aventure parce que nous n'aurions pas été capables de dialoguer .
Enfin, il nous semble important de rappeler que même si l'entente entre
les collectifs indy est primordiale autour de ce projet pour qu'il puisse
se faire de manière sereine, il ne faut pas oublier que le but du site de
syndication n'est pas de mettre en place un "meta indy francophone" mais
un portail inter-collectifs et que ce ne sera possible que si les rapports
sont équilibrés et que l'on accepte, sur une base commune large, des
différences de positionnements et de fonctionnements.
C'est pour cela que nous souhaitons continuer à travailler avec Rebelyon,
le 69.3 et bien d'autres encore sur ce projet.
Le collectif Indymedia Nantes, le 12 décembre 2007.
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