[Imc-france-paris] re: Mythologie du Moyen-Orient-#35186

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 à propos de : Mythologie du Moyen-Orient
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Le fait que le monde arabe soit dans un état de chaos absolu, moral et autre, n\'est pas la faute de l\'Amérique et d\'Israël - même si l\'ONU prétend le contraire.       
Mardi 5 avril, le \"Rapport sur le Développement Humain Arabe\" a été publié sous l\'égide du Projet de Développement de l\'ONU. Selon ce document, la responsabilité de la stagnation du développement du monde arabe en matières de progrès économique et de liberté politique, incombe en grande partie à la création d\'Israël en 1948 et à l\'appui américain au maintien de son existence, ainsi qu\'à la présence militaire des États-Unis en Iraq. 
Les conclusions du rapport concernant Israël et les États-Unis ont été immédiatement rejetées par les États-Unis et Israël. Greg Sullivan, porte-parole du Département d\'État du Bureau du Proche-Orient a déclaré « nous pensons qu\'il est peu judicieux de rejeter sur Israël la responsabilité des problèmes et des mises en question auxquels le monde arabe est confronté. » 
Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, n\'a pas davantage mâché ses mots : « Il y a trop longtemps que trop de gens, dans le monde arabe, se servent d\'Israël comme d\'un prétexte pour justifier un comportement injustifiable. Ce serait à cause d\'Israël qu\'il ne peut pas y avoir des élections démocratiques ! Ce serait à cause d\'Israël qu\'il n\'est pas possible de donner l\'égalité des droits aux femmes en Arabie saoudite. Voilà qui s\'appelle se défiler. » 
Les dénonciations américaines et israéliennes du rapport sont, bien sûr, tout à fait raisonnables. Croire que 300 millions d\'Arabes vivent sous des régimes totalitaires parce que l\'Amérique soutient notre droit de vivre librement, est une idiotie patente. De même, c\'est une illusion pure et simple de croire que 300 millions d\'arabes sont tellement conditionnés par le fait que la liberté de deux millions trois cent mille Arabes palestiniens serait prétendument entravée par Israël, qu\'ils acceptent volontairement le droit - que s\'arrogent leurs dirigeants - de les réduire en esclavage et de les appauvrir économiquement et spirituellement. Pourtant, le comble de l\'ironie à propos de ce rapport du PNUD [Projet de Développement de l\'ONU] est que, malgré le fait que leurs gouvernements savent distinguer entre crachat et gouttes de pluie, dans les faits, tant Israël que les États-Unis adoptent comme base de discussion pour déterminer leur politique à l\'égard des Palestiniens, en particulier, et du monde arabe, en général, les prétentions ridicules du PNUD [1]. 
Qu\'en résulte-t-il ? 
L\'opinion qui prévaut, au sein des décideurs politiques américains et des gens du ministère israélien des Affaires étrangères, poussés en ce sens par leurs partenaires idéologiques de l\'Europe et de la gauche internationale, est fondée sur deux présupposés. Le premier est que le conflit palestinien avec Israël est la cause du conflit arabe avec Israël. Le second est que les Palestiniens sont faibles, alors que les Israéliens sont forts, et que le moyen de résoudre le conflit est de renforcer les Palestiniens et d\'affaiblir Israël. 
Le second conduit les élites de la politique étrangère, tant israélienne qu\'américaine, à défendre la restitution de territoires aux Palestiniens et à soutenir l\'acquisition d\'armes, d\'argent et de souveraineté par les Palestiniens. 
Le premier présupposé amène Israël et les États-Unis à ignorer la dépendance directe du conflit palestinien avec Israël d\'un soutien extérieur des États-membres de la Ligue arabe, Égypte en tête. L\'Égypte, comme le reste du monde arabe, n\'a jamais accepté le droit naturel de l\'État juif à l\'existence en Orient. Jusqu\'à ce jour, au fil des années, la focalisation rhétorique est passée des appels ouverts à la destruction d\'Israël par la guerre, à des appels ouverts à la destruction d\'Israël par la création d\'un État palestinien et par l\'immigration illimitée en Israël de millions d\'Arabes nés à l\'étranger. Ces appels sont obscurcis, jusqu\'à un certain point, par une fixation publique sur la perception de la faiblesse réelle et de la misère actuelle des deux millions trois cent mille Palestiniens de Judée, Samarie et Gaza - dont Israël est réputé responsable. 
Pourtant, la réalité sur le terrain est largement différente du tableau qu\'en dressent les rapports de l\'ONU, dont les présupposés fondamentaux, bien qu\'erronés, constituent le fondement de la politique américaine et israélienne dans la région. Les conditions misérables dans lesquelles vivent les Palestiniens ont été entièrement préméditées. 
Dès 1949, la Ligue Arabe a décidé qu\'aucun État-membre n\'accorderait la citoyenneté aux Arabes qui avaient quitté la Terre d\'Israël suite à l\'invasion arabe de l\'État juif naissant. Et c\'est ainsi que ces pauvres gens, leurs enfants et leurs petits-enfants, ont vécu comme des prisonniers, durant près de 60 ans, dans les conditions sordides des camps d\'internement de l\'ONU. Quand, au début des années 1980, le Premier ministre d\'alors, Menahem Begin, tenta de démanteler les camps de Gaza et de Judée-Samarie, et de fournir un habitat permanent et décent à ceux qui y vivaient, les \"réfugiés\" furent prévenus par la direction panarabe et l\'OLP qu\'ils risquaient la peine de mort s\'ils ne rejetaient pas les offres d\'Israël. 
La raison de cette attitude était claire : si les Palestiniens avaient été autorisés à se développer librement, c\'eût été la fin d\'un mythe fondamental, selon lequel la souveraineté juive était entachée d\'un péché originel - un mythe créé pour justifier le rejet arabe permanent d\'Israël. Et c\'est toujours le cas aujourd\'hui : malgré le fait qu\'au cours des dix années écoulées, l\'Autorité palestinienne a reçu plus d\'aide internationale par personne que toute autre autorité nationale dans l\'histoire de l\'aide internationale, les Palestiniens vivent encore aujourd\'hui dans une pauvreté abjecte. Pire encore, leur niveau de vie est tombé en chute libre, peu après que, suite à l\'établissement de l\'Autorité palestinienne, en 1994, Yasser Arafat et ses adjoints aient fait échouer les efforts de développement, en volant les milliards qu\'on leur donnait. 
Le fait que le rejet d\'Israël constitue toujours un solide fondement de l\'unité arabe et islamique est apparu à nouveau clairement, au cours d\'une conférence, qui a eu lieu cette semaine en Malaisie, et qui était consacrée à la \"Paix en Palestine\". La conférence s\'est pourvue d\'un renfort de guerre psychologique, en invitant cinq Israéliens et militants juifs anti-israéliens à participer aux débats. Sous l\'égide du Premier ministre de Malaisie, Abdullah Ahmed Badawi, les participants ont appelé à une campagne internationale \"d\'apartheid anti-israélien\", et exigé un boycott international total d\'Israël jusqu\'à ce qu\'un État palestinien soit mis en place, avec Jérusalem pour capitale, et qu\'Israël devienne un État non juif, en raison d\'une immigration arabe illimitée. Le fait que les participants arabes et musulmans (et juifs) aient exprimé des opinions plus extrémistes encore que celles de la rhétorique de l\'Autorité palestinienne révèle l\'origine de la pression permanente qui s\'exerce pour que le conflit palestinien avec Israël se prolonge indéfiniment. 
Revenons aux présupposés qui constituent le fondement de la politique américaine et israélienne envers les Palestiniens, en particulier, et le monde arabe, en général. Nous observons qu\'en adoptant l\'opinion que le conflit palestinien est la source du conflit arabe avec Israël, et que le moyen de le résoudre consiste à donner la haute main aux Palestiniens aux dépens d\'Israël, Israël et les États-Unis sont en train de mettre en œuvre des politiques qui, à la lettre, éloignent plus qu\'elles ne favorisent leurs objectifs déclarés de paix et de sécurité par la démocratisation de la société palestinienne et du monde arabe. Et ce parce que les présupposés sont non seulement erronés, mais aux antipodes des faits sur le terrain. 
Ces faits sont que le conflit palestinien avec Israël est, en majeure partie, le résultat direct du rejet, par le monde arabe, du droit à l\'existence d\'Israël. Affaiblir Israël, en renforçant les Palestiniens, ou de toute autre manière, ne fait progresser aucun de ces objectifs. 
La puissance arabe est fondée  sur le contrôle arabe des plus grandes réserves mondiales de pétrole ;   sur des communautés d\'immigrants arabes irrédentistes installées dans tout le monde occidental, et spécifiquement en Europe, et qui exigent bruyamment des gouvernements dont ils sont les hôtes, qu\'ils adoptent une politique étrangère anti-israélienne, sous peine de devoir faire face à la violence et à l\'instabilité, à l\'intérieur et sur les marchés pétroliers mondiaux ;   sur le terrorisme et le militantisme arabo-islamiques qui trouvent leur origine et leur financement dans le monde arabe autoritaire et riche en pétrole. 
Le fait que ce soit la puissance arabe, plutôt que la faiblesse palestinienne, qui alimente les conflits apparaît clairement dans la politique de l\'Union européenne au Moyen-Orient. Comme l\'a démontré, de manière on ne peut plus limpide, Bat Ye\'or, la célèbre érudite de l\'idéologie du jihad et de la politique euro-arabe, dans son nouveau livre, \"L\'Axe Euro-Arabe\" [2], l\'abandon, par l\'Europe occidentale, de son soutien antérieur à Israël, ne fut pas la conséquence de la stupéfiante victoire d\'Israël lors de la guerre des Six jours, en 1967, mais celle de l\'embargo pétrolier décidé par l\'OPEP, en 1973. 
C\'est l\'attaque panarabe concertée contre les économies de l\'Europe occidentale, en 1973, et non les conquêtes territoriales d\'Israël, en 1967, qui a amené l\'Europe à embrasser la cause des Palestiniens. Et c\'est la menace du pouvoir des électeurs et activistes immigrants par rapport à celui de l\'électorat européen, ainsi que la menace de violence, que brandissent les terroristes arabes, qui, d\'année en année, sans que les Européens s\'insurgent contre la brutalité de la rhétorique et de la violence arabes, qui garantissent leur fidélité à l\'idéologie d\'une criminalité israélienne et d\'une victimisation palestinienne. De la même manière, les décideurs politiques israéliens et américains ont prétendu, à plusieurs reprises, que le renforcement du leader palestinien Mahmoud Abbas, l\'investirait, aux yeux des Palestiniens, d\'une légitimité qui lui permettrait de progressez dans le processus de paix avec Israël. Ils ont également prétendu, que, suite au retrait par Israël de ses forces armées et à l\'expulsion de ses citoyens du nord de la Samarie et de Gaza, cet été, l\'Autorité palestinienne serait renforcée et que les chances de paix s\'accroîtraient d\'autant. 
Pourtant, là encore, les faits sur le terrain démentent cette vision des choses. À la fin de l\'été, les prix du pétrole frôleront sans doute les 60 dollars le baril. L\'Égypte aura mis en place deux brigades blindées dans la péninsule du Sinaï. Quant à Israël, qui souffre des blessures cuisantes qu\'il s\'est lui-même infligées, et qui ploie sous le poids social, financier et politique extraordinaire de la réinstallation de milliers de réfugiés israéliens, qu\'il doit assurer, il sera plus faible, et donc moins à même de renforcer sa volonté et sa capacité de repousser des attaques terroristes. Finalement, il n\'y a aucune raison de supposer que Mahmoud Abbas, qui, depuis qu\'il a remplacé Arafat, a consacré la majeure partie de son temps à choyer les terroristes et à briguer les faveurs des États qui les sponsorisent, se hâtera d\'améliorer la situation économique des régions palestiniennes. Là encore, en effet, promouvoir leur bien-être économique et politique, irait diamétralement à l\'encontre des intérêts de l\'OLP et du monde arabe. 
Du fait que les gouvernements américain et israélien fondent, l\'un et l\'autre, leurs politiques sur les mêmes présupposés erronés que ceux qui sont à la base du rapport du PNUD - qu\'ils ont pourtant si vite rejeté -, peut-être la véritable question consiste-t-elle à se demander, d\'abord, pourquoi ce document leur a causé tant de souci, et - s\'ils sont encore capables d\'exprimer la différence entre un crachat et des gouttes de pluie - quand ils adopteront des politiques qui traduisent cette distinction. 
 
Notes du traducteur 
[1] J\'ai traduit de mon mieux ce passage, dont voici le texte original : \"…both Israel and the US are basing their policies towards the Palestinians specifically and the Arab world generally on an internalization of the UNDP\'s ridiculous claims.\" La difficulté est de rendre en français, le substantif \"internalization\". Il est souvent traduit par intériorisation, ce qui serait inadéquat, ou du moins, vague, dans ce contexte. Le terme connote, ici, le fait que l\'on est entré dans le jeu de l\'adversaire, et qu\'on a adopté ses prémisses comme base de discussion, ce qui lui confère un avantage d\'autant plus indu que ses présupposés sont irrecevables. [2] Titre original : Eurabia : the Euro-Arab Axis, par Bat Ye\'or, Fairleigh Dickinson University Press, 384 pages. Voir l\'excellente revue de cet ouvrage, par Bruce Thornton, dont le texte est en ligne sur notre site, sous le titre \"Civilisation de la Dhimmitude [sur un livre de Bat Ye\'or]\".



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