[Indy Paris] Bain de sang au Pérou 2
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Sam 6 Juin 22:40:36 PDT 2009
Sources et informations complémentaires
Agence d'informations SERVINDI :
http://www.servindi.org/
CAOI :
http://www3.minkandina.org/
Quelques photos :
http://www.peru.com/noticias/portada20090605/37877/Imagenes-de-los-enfrentamientos-en-Bagua
Mise à jour : 2 h 30 du matin ici, 19 h 30 au Pérou
Quatre nouvelles victime lors une opération policière
Utcubamba, Amazonas, 05/06/2006 (CNR)
Quarte morts et plusieurs enfants blessés, tel serait le résultat d'une
nouvelle opération policière réalisée il y a quelques instants dans la
ville de Bagua, lorsqu'un groupe d'habitants s'est déplacée vers la Plaza
de Armas à la recherche d'assistance médicale.
Selon des informations de radio La Voz, la police a tiré depuis un
hélicoptère quand elle a vu un rassemblement de personnes sur la place.
Résultat : quatre morts et plusieurs blessés dont des mineurs.
Les blessés ont été transportés à l'hôpital du Bon Samaritain car l'autre
hôpital est saturé. Par ailleurs, le signal de radio La Voz a été
interrompu, à la suite des interventions des députés officialistes Aurelio
Pastor et Mauricio Mulder qui ont accusé cette station d'encourager la
population à commettre des actes de violence. Carlos Flores - Radio La Voz
38 policiers pris en otage par la foule
Pendant ce temps, d'après Peru.com, plus de deux mille habitants ont pris
en otage 38 agents de police et un ingénieur à la station n° 6 de la
société pétrolière Petroperú, province de Bagua, exigeant le retrait du
contingent envoyé à Bagua faute de quoi ils les exécuteront.
Apparemment, une foule s'est introduite dans le local de l'entreprise
pétrolière située dans le district de Imaza et a emmené les policiers vers
une colline proche. Parmi les otages se trouve, en plus de l'ingénieur, un
commandant de la police. "Nous voulons négocier avec les autorités. 50
jours de grève, ils n'en tiennent pas compte et ils ont abattu nos frères
awarunas", a déclaré Carlos Huamán dans un appel radio.
Huamán a sommé la ministre de l'Intérieur, Mercedes Cabanillas, de donner
l'ordre de retirer les forces de l'ordre envoyées dans la province
d'Amazonas. "Nous lui recommandons de retirer les forces armées et ainsi
nous pourrons dialoguer".
La ministre de l'Intérieur a confirmé l'information en disant que les
preneurs d'otages étaient environ un millier.
Bilan de la répression du matin
Toujours pas de chiffres précis. Le nombre de blessés par balles
dépasserait la centaine.
Une infirmière de l'hôpital de Bagua Chica a déclaré à Canal N qu'ils
avaient 40 blessés, "tous par balle, des balles au corps, à la tête, à
l'abdomen, parce qu'ils (les policiers) ont voulu tuer nos frères". Elle a
profité de l'interview pour demander de l'aide car l'hôpital est "dans un
chaos total, sans lits, avec les blessés à même le sol". Elle accuse
l'armée de ne pas laisser passer les blessés graves qui doivent être
évacuées dans d'autres hôpitaux car à Bagua, il n'y a plus de sang, plus
de sérum, plus de gaze, plus de produits.
D'après des informations qui commencent à arriver, l'intervention de la
police a commencé à 5 heures du matin, par terre et avec des hélicoptères
en utilisant des gaz lacrymogènes et des armes à balles réelles. Les
autochtones qui bloquaient la route dans la "Curva del Diablo" (le virage
du diable) étaient plusieurs milliers. L'opération de dégagement a duré
pratiquement toute la matinée. Les désordres se sont ensuite étendus à la
ville de Bagua où les manifestants ont mis le feu à tous les locaux
officiels qu'ils rencontraient.
D'après le général Sánchez Farfán de la police, les affrontements les plus
violents se sont produits quand les policiers ont voulu prendre une
colline qui domine la "Curva" et qu'ils se sont retrouvés avec en face
d'eux environ mille personnes qui leur ont tiré dessus. Impossible selon
l'Aidesep car les manifestants n'avaient pas d'armes à feu, ils ne
possèdent que des arcs et des flèches. L'association déclare que les
policiers sont sans doute morts par des tirs croisés.
Les policiers morts seraient maintenant au nombre de 11. Le bilan côté
autochtone est toujours en cours : 25 tués ? 29 ? plus ?
Mandat d'arrêt contre Alberto Pizango
La ministre de l'Intérieur a confirmé qu'elle a demandé la capture
d'Alberto Pizango, président de l'Association Interethnique de
Développement de la Forêt Péruvienne (AIDESEP) car il est, dit-elle, "le
responsable intellectuel" des faits de violences à Bagua, Amazonas.
"Pizango est absolument le responsable intellectuel parce qu'il a conduit,
agité, manipulé et trompé les autochtones", a affirmé la ministre qui a
demandé que "s'applique contre lui tout le poids de la loi".
A suivre.
Mise à jour : samedi 6 juin, 12 heures ici (5 heures au Pérou)
Cadavres brûlés et jetés à la rivière ?
Les corps des Amérindiens tués au cours d'affrontements avec la police sur
la route Fernando Belaunde, dans la zone de "La Curva del Diablo" seraient
brûlés par les policiers de la Direction des Opérations spéciales (Diroes)
et jetés dans la rivière Marañón à la hauteur du hameau Reposo, à côté de
Bagua (Amazonas), selon les dénonciations faites par Zebelio Kayapo,
dirigeant amazonien.
Dans une interview à la CNR, il a rapporté que les Amérindiens continuent
à être massacrés et a demandé l'intervention des organismes défenseurs des
droits de l'homme.
Kayap a précisé que jusqu'à présent il y a environ 20 blessés et 40 morts
"mais peut-être plus car la Diroes est venu nous attaquer avec des balles
et tout est confus".
Une résidente qui assure être témoin des évènements a confirmé la version
de Kayap. "J'ai vu que les cadavres ont été mis dans des sacs noirs et ont
été emmenés aux bords de la rivière Marañón pour les jeter à l'eau. La
population a demandé qu'ils restituent les corps de leurs familles pour
leur donner une sépulture chrétienne, mais la police a refusé", a-t-elle
dit.
Elle raconte aussi que les forces de l'ordre poursuivent la population
awaruna les accusant d'être sendéristes (membres du groupe armé Sentier
lumineux). Elle a précisé que certains Métis ont aidé à transporter les
Amérindiens jusqu'à Bagua, mais d'autres qui n'ont pas été chargés dans
les voitures ont été retenus dans une maison d'adobe où ils ont été
massacrés.
Une habitante nommée Maria, dont elle a préféré taire le nom, a déclaré
qu'un policier a averti sur un ton menaçant : "Comme vous avez tué nos
collègues, vous aussi devez mourir."
Ils empêchent de recueillir les cadavres
Zebelio Kayap a également signalé qu'au hameau Siempre Viva, Amazonas, la
police empêche le passage du public pour recueillir les blessés et les
emmener à Jaen ou à Chiclayo, et n'autorise pas non plus au ramassage des
cadavres disséminés dans la zone.
"Les forces de police [...] dans la Plaza de Armas. Nous voulons enlever
les cadavres et les blessés, mais nous ne pouvons pas le faire. Les tirs
depuis l'hélicoptère de la Diroes se poursuivent", dit-il.
Il a également révélé que parmi les blessés il y a des enfants qui ont été
impactés par des grenades lacrymogènes dans les villages de Reposo et
Siempre Viva. Kayap a également informé la CNR que les hôpitaux sont
remplis de blessés, à la fois autochtones et métis.
La Coordination nationale des droits humains exige l'intervention du
procureur Gladys Echaiz
Pendant ce temps, la Coordination nationale pour les droits humains
(CNDDHH), confirmé par l'intermédiaire de son blog, qu'elle a également
reçu des informations de médias locaux à propos des attaques contre les
habitants de la région Amazonas et de l'incinération des cadavres par la
police, bien que ces informations sont encore officieuses.
Toutefois, CNDDHH a demandé au procureur général Echaiz Gladys, afin que
le ministère public intervienne pour enquêter sur les plaintes au sujet
des éventuels abus commis lors de l'expulsion qui a débuté aujourd'hui à 5
heures du matin.
Ces informations démentent ce qu'a indiqué la ministre de l'Intérieur,
Mercedes Cabanillas, il y a quelques heures, qui ne mentionne que la mort
de trois autochtones, ce qui serait faux car selon les photos publiées par
la CNDDHH, il y aurait bien plus de personnes tuées dans les affrontements
avec la police à Jaen et Bagua.
Solidarité amérindienne
Les Amérindiens d'Equateur dénoncent la répression dans l'Amazonie
péruvienne. Au vu des évènements qui viennent d'avoir lieu, l'organisation
aborigène équatorienne Ecuarani a qualifié de répressive l'action du
gouvernement péruvien et en ce sens a appelé la communauté internationale
à être attentive à la situation. A travers un communiqué, l'organisation
accuse le président Alan García de "lâche agression" contre les
autochtones qui depuis le 9 avril réclament l'abrogation d'une dizaine de
décrets-lois qu'ils considèrent comme attentatoires à leurs droits. Le
président de Ecuarani, Humberto Cholango, a appelé les "secteurs dignes de
notre continent et du monde à unir leurs voix pour arrêter les génocides
qui obéissent à des ordres injustes et criminels."
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Infos sur le site de la CNR (Coordinadora Nacional de Radio) :
http://www.cnr.org.pe/
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Ces informations sont tirées du site de l'OCL (Organisation communiste
libertaire) :
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?breve144#forum401
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