[Indy Paris] Bain de sang dans l'Amazonie péruvienne 1
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Sam 6 Juin 22:39:24 PDT 2009
Bain de sang dans l'Amazonie péruvienne !
samedi 6 juin 2009Vendredi 5 juin au matin (midi heure européenne), la police péruviennes'est déchaînée contre les populations indigènes de la province Amazonasqui bloquaient une route en appui à leurs demandes. Le bilan desextrêmement lourd, plusieurs morts, peut-être des dizaines, des dizainesde blessés, peut-être des centaines.Les informations sont encore assez confuses, la zone est bouclée par lapolice. Les affrontements se poursuivent.Cela fait 56 jours que les communautés indiennes du Pérou amazonien sesont soulevées contre des projets miniers ou pétroliers dans le Nord-Est.A la mi-mai, ils sont déclarés "en état d'insurrection"."Nous déclarons nos peuples en état d'insurrection contre le gouvernementdu président Alan Garcia sur les territoires indigènes amazoniens", adéclaré à Lima le 15 mai dernier Alberto Pizango, président d'un collectifqui dit représenter 1350 communautés de 65 groupes ethniques, soit 600'000personnes environ.Cet état d'insurrection signifie que "nos lois ancestrales ont désormaisforce de loi et que nous considérons comme une agression l'entrée d'unequelconque force sur nos territoires", avait averti M. Pizango. Lasolution, a-t-il poursuivi, "passe par une abrogation" de décretslégislatifs de 2007 et 2008 qui assouplissent le cadre de l'exploitationminière, pétrolière, forestière ou de l'eau, par des firmesmultinationales, sur des terres que les indigènes considèrent commeancestrales.Mise à jour 19 heuresLe chiffre des victimes ne cesse d'augmenter. Alberto Pizango, présidentde la Asociación Interétnica de Desarrollo de la Selva Peruana (AIDESEP),organisation qui regroupe les indigènes actuellement en grève, affirmeconnaître la mort "jusqu'à présent de 15 indigènes amazoniens". AlbertoPizango demande une "enquête internationale" sur les faits et a déclaréque le président Alan Garcia avait "ordonné le génocide".De son côté, d'après la coordination des radios locales (CNR), il y aurait20 indigènes tués et 9 policiers.Les affrontements se poursuivent, les indigènes, après avoir mis le feu àde nombreux locaux officiels, sont en train d'attaquer le commissariat,d'après Radio La Voz.Le nombre de blessé ne cesse de croître et les deux hôpitaux de la zonesont maintenant débordés.L'électricité est semble-t-il coupée dans une grande partie de la zone, cequi empêche les radios locales d'émettre.Mise à jour à 17 heuresLes informations sont confuses. Les chiffres qui circulent parlent d'unnombre de morts entre 10 et 20. Cela s'est passé ce matin (mi-journée enEurope)Plusieurs morts et des dizaines de blessés, tel serait le résultattragique de la répression menée par la Direction Nationale des OpérationsSpéciale (DINOES) contre les indigènes de Bagua pendant une opérationvisant à les expulser de la route Fernando Belaúnde Terry qu'ilsoccupaient. Cette localité de la province de l'Amazonie péruvienne estsituée à 730 km au nord de Lima.Le président du comité de lutte provincial de Condorcanqui, SantiagoManuin Valera, aurait été assassiné par la police après avoir été viséspar des armes de guerre dans la zone de Curva del Diablo où ils se sontconcentrés.Le leader indigène Mateo Impi a annoncé que les policiers ne laissaientpas approcher des cadavres. "Nous demandons l'intervention de la Défense(du Peuple)", a-t-il ajouté.Le général Murua a ajouté que la circulation a été rétablie dans descirconstances difficiles mais que la route était maintenant dégagée.Auparavant, le président péruvien, Alan García, avait rendu responsablesles "pseudo dirigeants des communautés natives qui impulsent des mesuresde forces et de violence". Et d'ajouter : "Ils prétendent jouer à larévolution."De son côté, le directeur de la Police nationale, le général José SánchezFarfán a déclaré que la police avait été "attaquée" et que quatrepoliciers avaient été tués avec des armes à feu par des indigènes lors desaffrontements pour dégager la route.Peu après la phase initiale de la répression, les indigènes ont mis le feuau local du Parti Apriste Péruvien (parti du président), au local deCOFOPRI, le siège de la direction de la province de Bagua et le local duPRONAA. L'hôpital de Bagua a fermé ses portes parce qu'il ne peut plusrecevoir de blessés.Sources : Coordinadora Nacional de Radio, Peru.com, La Haine, etc.http://www.lahaine.org/index.php?p=38397http://www.peru.com/Mise à jour, 5 juin, 23 heures ici (16 heures au Pérou)Il se confirme que les indigènes qui bloquaient cette route depuis unedizaine de jours ont été attaqués par officiellement 639 policiers maisaussi au moyen d'hélicoptères d'où ont visés les manifestants avec desarmes à feu et d'où auraient été lancées des grenades. Un des policiersdécédé était d'ailleurs membre de l'équipage d'un hélicoptère qui auraitété visé par des hommes armés depuis le sol.L'offensive de l'EtatLe ministère de la justice a annoncé que les responsables desaffrontements seront poursuivis. "Ce ne sont pas des actes de protestationmais de destruction, parce qu'il y a eu des morts et parmi eux despoliciers et des civils innocents", a affirmé Erasmo Reyna, vice-ministrede la justice. Les Amérindiens morts ne sont semble-t-il pas "innocents".Pendant ce temps, le président Alan Garcia a rendu responsable de latuerie Alberto Pizango, président de l'Association Interethnique deDéveloppement de la Forêt Péruvienne (AIDESEP) en déclarant qu'il était undélinquant. Les membres du gouvernement et du parti présidentiel ne sontpas en reste et font monter les enchères. Le ministre du travail, JorgeVillasante, accuse Alberto Pizango d'être responsable, à cause de son"intransigeance", de ce qui s'est passé.Pour le député apriste Mauricio Mulder, "tirer sur des policiers c'est ceque font les terroristes". "Ici ce qu'il y a c'est une politicaillerieradicaloïde fomentée par des groupes partisans de la violence et ce quel'on voit c'est qu'ils sont liés au terrorisme". La conséquence selon luiest que les dirigeants indigènes ont perdu toute représentativité, qu'ilsse sont transformés en "assassins" de policiers et doivent être traitéscomme tel.Etat d'urgence, déploiement de l'armée, couvre-feuDe son côté, la ministre de l'Intérieur, Mercedes Cabanillasa, a confirméla mort de 9 policiers. Elle a elle aussi accusé Alberto Pizango d'être leprincipal responsable de la tuerie. Mais qu'il y a eu aussi, selon elle,infiltration des indigènes par le Sentier lumineux. Elle a aussi dénoncéque des armes de la police (8 fusils AKM, avec leurs munitions) ont étévolées au cours des affrontements. Elle déclare avoir demandél'instauration de l'état d'urgence avec prise de contrôle de la zone parles forces armées et l'instauration du couvre feu.Alberto Pizango menacéAlberto Pizango, qui a accusé le président Alan Garcia d'avoir "ordonné legénocide" est menacé de poursuites pour "insurrection" et "rébellion" parles membres du gouvernement. Il serait en train de réfléchir à une demanded'asile politique à l'étranger car un mandat d'arrêt aurait été lancécontre lui.Cette offensive répressive du gouvernement est une réponse à l'appel lancéla veille, le 4 juin dernier, par Alberto Pizango de faire du 11 juin unejournée de mobilisation générale des populations autochtones pourprotester contre le report de la discussion prévue au Parlement au sujetde l'abrogation du décret-loi 1090 facilitant et encourageant lesentreprises étrangères à investir dans les zones habitées par lesautochtones (pétrole, mines, exploitations forestières.).Bilan encore provisoireD'après un représentant de l'Eglise locale, Edgar Calle, qui a assisté auxévènements depuis une colline proche, a déclaré qu'au moins 35 indigènesont été arrêtés. Ils sont maintenu face contre terre sur la route. Lesforces de police empêchent les religieux de s'approcher et de donner del'eau aux détenus. Pour ce qui est des personnes décédées, le bilanprovisoire s'établirait à 25 Amérindiens, 9 policiers et 2 journalistes.Blessés : 7 policiers selon la ministre de l'Intérieur, plusieurs dizaineschez les habitants. Pour le seul hôpital de Bagua Grande, il y a 34blessés par balles, 3 étant en salle d'opération.Par ailleurs, sur les lieux des affrontements, de nombreux cadavresjonchent le sol et les policiers empêchent les habitants de les emmener.Solidarité avec les peuples autochtones !Appel de la Coordination Andine des Organisations Indigènes (CAOI)Répression sanglante dans l'Amazonie péruvienne[.] Urgent : rassemblements devant toutes les ambassades du Pérou, enconformité avec les accords de la quatrième rencontre continentale despeuples et nationalités indigènes de l'Abya YalaLe gouvernement apriste d'Alan García Pérez a déclenché ce matin unerépression sanglante dans l'Amazonie péruvienne. [.] Une fois de plus, oncherche à imposer la mort sur la vie, le massacre sur le dialogue. C'estla réponse dictatoriale après 56 jours de lutte pacifique des autochtoneset des pseudo dialogues et négociations, qui se termine par les balles detoujours, les mêmes depuis plus de 500 années d'oppression.Aujourd'hui plus que jamais, il est urgent de mettre en oeuvre les accordsde la quatrième rencontre continentale des peuples et nationalitésindigènes de l'Abya Yala (qui s'est déroulée à Puno, au Pérou, du 27 au 31mai) et de rendre effective notre solidarité avec les peuples del'Amazonie péruvienne, par des rassemblement devant les ambassades duPérou, dans chaque pays, chaque jour, jusqu'à ce que s'arrête le bain desang et que soient abrogés les décrets-lois du TLC avec les États-Unis. Etpoursuivre en justice Alan García Pérez et de son gouvernement, pour sasoumission et la répression qu'il a déclenchée : il a une dette d'au moinsdix morts.Cela s'est produit quelques heures après que le Congrès de la République,dans un acte de pure provocation, a décidé de reporter une fois de plusl'examen de l'abrogation des décrets-lois pro-TLC qui facilitentl'invasion des territoires indigènes, pendant que l'exécutif envoyait engrand nombre de nouveaux contingents de la police en Amazonie.Nous appelons les organisations autochtones, les mouvements sociaux et lesorganisations des droits humains dans le monde entier à prendre desmesures concrètes : envois de lettres au gouvernement péruvien, auRapporteur spécial de l'Organisation des Nations unies pour les peuplesautochtones, à Amnesty International, à Survival International, au PrixNobel de la paix, à la Commission interaméricaine des droits de l'homme, àl'Organisation internationale du travail (convention OIT 169), pour qu'ilsenvoient immédiatement des missions au Pérou, afin de mettre fin à cetteviolence et que soit respecté les droits des autochtones.Les Nations unies doivent agir fermement, en se joignant à la demandesoulevée par la présidente de l'Instance permanente sur les questionsautochtones, Victoria Tauli, de lever l'état d'urgence, de ne pas utiliserla répression et de respecter les règles internationales garantissantl'exercice des droits des autochtones.Aujourd'hui, à Lima, toutes les organisations du mouvement socialpéruvien, réunis dans le Front Communautaire pour la Vie et laSouveraineté seront mobilisées à 17 heures à la Plaza Francia, pourdemander la fin de la répression et l'abrogation des décrets-lois quiaffectent les droits à la terre des peuples autochtones des Andes etl'Amazonie et la souveraineté nationale.Assez de répression ! Abrogation immédiate des décrets-loisanti-autochtones du TLC !Lima, le 05 juin 2009 Coordination générale CAOI= = = = = = = = =
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