[Indy Paris] la justice ordonne la chute du mur des expulsés

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Dim 17 Jan 00:50:38 PST 2010


la justice ordonne la chute du mur des expulsés


Inaugurée en septembre dans les Pyrénées-Atlantiques, la fresque avait été
érigée en hommage aux sans-papiers. Trop subversive selon le tribunal, qui
a ordonné hier son effacement. Sur un fond noir, les mots peints en
couleurs vives se détachent  : « liberté », « égalité », « fraternité », «
solidarité ». Deux mains s’entrelacent. Voilà le dessin hautement
subversif dont la justice a ordonné, hier, l’effacement…


Le Mur des expulsés a été inauguré le 5 septembre dans la ville de Billère
(Pyrénées-Atlantiques). Le maire socialiste, Jean-Yves Lalanne, avait
décidé de peindre, sur un mur municipal, une fresque en hommage aux
familles de sans-papiers expulsés du territoire français pour, dit-il, «
avertir l’opinion que beaucoup de citoyens sont contre ces expulsions ».
Le studio tricolore a été chargé de ces peintures sur un mur voué à être
démoli dans quelques années. Une œuvre éphémère donc mais à la portée
symbolique importante, puisqu’un commissariat de la police aux frontières
est installé sur la commune. Mais l’œuvre n’a pas été du goût de tous.
Déjà, pendant l’inauguration, le collectif d’extrême droite Bloc
identitaire avait tenté de jouer les trouble-fête. Le mur avait ensuite
été pollué avec des croix celtiques, des « 88 » (signature des adeptes
d’Adolf Hitler) et autres « immigrés dehors ».

Quant au préfet des Pyrénées-Atlantiques, Philippe Rey, lui aussi
visiblement rebuté par l’œuvre, il a carrément porté l’affaire devant la
justice, considérant que le maire était sorti de son « devoir de
neutralité » vis-à-vis de la politique gouvernementale. Le tribunal
administratif de Pau lui a donc donné raison hier en prononçant «
l’annulation » de la décision du maire de Billère. Le texte du jugement
doit être rendu public ultérieurement. Évidemment, Bloc identitaire s’est
empressé de crier victoire, s’appropriant la décision de justice. « Cela
prouve que nos méthodes sont les bonnes et que nos réseaux sont efficaces,
écrivent-ils dans un communiqué. Nous avons agi pour que cet acte
d’ethnomasochisme ne passe pas inaperçu. »

Loin de s’avouer vaincu, Jean-Yves Lalanne considère, lui, que l’absence
de date butoir dans la décision du tribunal administratif est « une
invitation à faire appel », ce que l’élu compte faire. Il s’apprête
également à saisir la Cour européenne des droits de l’Homme. « Le préfet
essaie de bâillonner les élus de la République, dénonce le maire. Lui a
organisé un débat sur l’identité nationale, avec des dérapages racistes
qui remettent en question la neutralité de la République. Mais je n’ai pas
porté plainte… »

Du côté du Réseau éducation sans frontières, « on attend impatiemment que
le préfet passe à l’acte, ironise Jean-Jacques Le Masson. On n’a pas
l’intention de passer sous silence cette action de salubrité publique ».
Le procès en appel décidera si, oui ou non, la justice ordonne d’effacer
les mots « liberté », « égalité » et « fraternité ».

Source : Marie Barbier - lhumanite.fr





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