[Indy Paris] Iran: 4 arrestations après l'assassinat d'un procureur au Kurdistan iranien + derniere nouvelles de la répression 19 janvier

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Mar 19 Jan 16:47:33 PST 2010


      Iran: 4 arrestations après l'assassinat d'un procureur au Kurdistan iranien        


     
       Quatre personnes ont été arrêtées après l'assassinat lundi du procureur de la ville de Khoy (nord-ouest de l'Iran), revendiqué par les séparatistes kurdes qui luttent depuis des années contre le gouvernement iranien, a rapporté mardi l'agence de presse Mehr.

      Le magistrat, Vali Haji-Gholizadeh, qui a été tué par balles devant son domicile, avait été l'objet de menaces les jours précédents, selon les autorités qui ont souligné "son très bon bilan dans la lutte contre les contre-révolutionnaires".

      "Le groupe terroriste PJAK (ndlr: Parti pour une Vie Libre du Kurdistan) a revendiqué cet assassinat", a indiqué à l'agence Mehr un responsable local du ministère de l'Intérieur, Fakhrali Nikbakht.

      Les auteurs de l'attentat ont pris la fuite, mais quatre personnes ont été arrêtées par la suite, a indiqué de son côté le gouverneur de Khoy, Ebrahim Mohammad Lou.

      Les régions frontalières avec l'Irak et la Turquie, où vivent des minorités kurdes, sont le théâtre d'affrontements périodiques entre les forces armées iraniennes et le PJAK, basé dans le nord-est de l'Irak.

      Le PJAK est lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui lutte depuis 1984 contre le gouvernement turc dans le sud-est anatolien.

      L'Iran accuse les Etats-Unis de soutenir le PJAK, ainsi que d'autres organisations ethniques aux frontières de l'Iran, ce que Washington a toujours démenti.

      Les Kurdes représentent environ 7% de la population en Iran.




      Plus de quarante personnes ayant participé aux manifestations de l'Achoura le 27 décembre en Iran ont été identifiées sur les photos prises ce jour-là et arrêtées, a annoncé un responsable de la police ayant requis l'anonymat, cité par l'agence de presse Ilna.

      "Après la publication des photos de dizaines de fauteurs de trouble du jour de l'Achoura sur le site internet et dans la publication de la police Amin Jamee, plus de quarante personnes ont été identifiées avec l'aide de la population et arrêtées", a déclaré ce responsable.

      Plusieurs centaines de personnes avaient déjà été arrêtées dans tout l'Iran le jour même par les forces de police et d'autres organes responsables de la sécurité.

      Huit personnes au moins avaient été tuées et des centaines d'autres blessées lors de ces manifestations, les plus importantes et les plus violentes depuis les grands rassemblements de protestation qui avaient suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin dernier.

      L'aile dure du régime a réclamé une sévérité extrême contre les manifestants arrêtés, dont le nombre exact n'a jamais été rendu public.

      La presse a rapporté depuis début janvier l'organisation de quelques procès concernant moins d'une dizaine de manifestants sans donner aucun détail sur leur déroulement.

      Lundi, cinq manifestants, trois hommes et deux femmes accusés d'appartenir à l'Organisation des moudjahidine du peuple (MKO), ont comparu devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Accusés d'être "mohareb" (ennemis de Dieu), ils risquent la peine de mort qui a été requise par le procureur





            Iran: la campagne "je suis aussi un mohareb"        
           
            Iran Focus : « Je suis aussi un mohareb », c'est le nom d'une campagne lancée par de jeunes blogeurs iraniens contre les condamnations à mort prononcée par le régime à l'encontre des manifestants. Une soixantaine de journalistes, d'artistes, d'universitaires et de défensseurs des droits de l'Homme ont signé une déclaration de soutien à cette initiative qui veut « narguer le language et le raisonnement funeste des gouvernants ».

             La justice clérical a annoncé que les manifestants qui ont fait usage de « violence » contre le régime seront considérés comme « mohareb », qui signifie « rébellion contre le Dieu », passible de la peine de mort. Dans une déclaration publiée sur la Toile, les signataires écrivent qu'« en réponse à la République islamique qui va juger les manifestants arrêtés durant la manifestation de la journée d'Achoura (27 décembre) sous l'inculpation de 'mohareb', nous nous déclarons solidaires avec tous les manifestants arrêtés et les prisonniers politiques ».

            « En brandissant l'accusation éculé de 'mohareb', les dirigeants du régime préparent un nouveau massacre des opposants. Les dirigeants s'arrogent une fois de plus l'autorité divine pour réprimer la liberté et verser le sang de ceux qui ne demandent que les droits des concitoyens, » affirme la déclaration.

            Mohseni Ejei, le procureur général du régime et ancien ministre du Renseignement (Vevak) a déclaré le 31 décembre dernier : « le judiciaire est déterminé à juger au moins trois des personnes arrêtées pendant la célébration d'Achoura. Ils sont accusés d'être  en guerre contre Dieu et seront exécutées. »

            La définition « légal » de  mohareb

            Selon Ebrahim Raïssi, n°2 du système judiciaire en Iran, l'utilisation de bâtons et de pierres est considérée comme « Mohareb ». Dans une déclaration à la TV d'Etat le 30 décembre, il a donné la définition légale de la notion de mohareb : 

             « Les crimes commis hier surtout, à notre avis, revêtent une particularité qui est l'exemple même de l'atteinte grave à la sécurité publique, et pire encore, en attaquant et agressant la population en deuil avec des couteaux, des matraques en bois et en jetant des pierres, qui relève aussi de la notion de « moharebeh ». C'est clairement précisé dans le Code des châtiments islamiques (. ). C'est conforme à l'article 183 et après, qui va jusqu'aux articles 190-191 et concerne « moharebeh » dont la racine est le mot « harb » [guerre] et ceci est aux antipodes de « salam » qui veut dire « paix » [il cite un verset du Coran : « Faites la paix avec ceux qui veulent la paix ; faite la guerre à ceux qui veulent vous combattre », ndt]. Alors, est considéré « Mohareb » celui qui se dresse contre Dieu, son Prophète et les commandements de Dieu et de son Prophète, et en fait entre en guerre contre ces derniers et donc contre un système [de gouvernement] islamique fondé sur les commandements, les impératives et les interdictions religieuses, bref, celui qui, à notre sens, sort son épée contre ce système, celui qui porte atteinte à la sécurité publique, la perturbe. 

             «Mais ici, il y a un débat ; selon certains, la personne en question doit être forcément armée pour être définie comme telle, autrement dit, il faut qu'il y ait une attaque armée. Toutefois, il est clair, et dans la loi et dans la jurisprudence, que ' l'arme' n'est pas forcément l'épée ou l'arme à feu ; mais qu'il peut s'agir de l'arme blanche ; autrement dit, il s'agit parfois de couteaux, et même selon des jurisconsultes, il peut s'agir aussi des matraques en bois ou des pierres, c'est-à-dire les armes que vous avez vues le jour de l'Achoura quand des individus ont attaqué la population avec des pierres, des matraques, des « qamehs », des glaives ou avec je ne sais quoi d'autre. Alors la notion  'Moharebeh' définit l'acte de celui qui porte gravement atteinte à la sécurité publique, sème la terreur parmi les gens en infiltrant les cortèges du deuil. Ce qui est arrivé dans la Journée de l'Achoura, peut relever bel et bien de Moharebeh et être qualifié comme tel. Sauf que parfois il s'agit d'une organisation, c'est-à-dire le cas de toute une organisation qui entre en  Moharebeh Dans l'affaire de l'organisation des monafeghines , tout individu qui apporte son assistance, sous toute forme ou dans toute circonstance, serait considéré Mohareb  parce qu'il s'agit d'un courant organisé. »

            Ahmad Alamolhoda, imam officiel de la ville de Machad et membre de l'Assemblée des Experts, a affirmé pendant le rassemblement officiel du mercredi 29 décembre à Téhéran :  « Ce qui s'est produit le jour de l'Achoura était une guerre contre Dieu, vous diriez peut-être que la guerre se fait par des armes, mais vous savez que le mouvement de dimanche était commandé par les Monafeghine (OMPI), et les insurgés scandaient les slogans transmis par les sites de l'OMPI. Notre cher Imam (Khomeiny) avait affirmé, que les membres de l'OMPI étaient en guerre contre Dieu, et tous ceux qui à l'intérieur du pays les accompagnaient ou coopéraient avec eux étaient également en guerre contre Dieu. » 

           

     
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